Aquarelle

L'aquarelle est une technique picturale à base de pigments broyés, agglutinés avec de l'eau gommée. Elle se pratique le plus souvent sur un support papier.



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Matériel de peinture - Papier - Matériel d'écriture

Définitions :

  • Peinture à l'eau sur papier, avec des couleurs transparentes, ayant le moins d'épaisseur envisageable (source : fr.wiktionary)
  • Procédé de peinture à l'eau dont les pigments colorés peuvent être délayés pour des applications transparentes sur papier. Le papier pour aquarelle doit posséder un grain, plus ou moins accentué pour retenir l'eau et être bien collé pour pouvoir exécuter des dégradés réguliers. (source : stouls)
  • peinture à l'eau, comme la gouache, dont la matière colorante peut être particulièrement diluée et garder une grande transparence sur le papier. Par conséquent, une couleur claire ne peut pas couvrir (cacher) une couleur foncée (source : animart)

L'aquarelle est une technique picturale à base de pigments broyés, agglutinés avec de l'eau gommée. Elle se pratique le plus souvent sur un support papier.

Cette technique se définit par sa transparence et se différencie en cela de la gouache, opaque. Sa rapidité d'exécution en a longtemps fait une technique de croquis et d'études. Elle a progressivement acquis ses lettres de noblesse pour devenir, à partir du XIXe siècle, une technique à part entière.

Palette d'aquarelle.

Composition

Les couleurs d'aquarelle se présente sous forme de godets et de tubes. L'aquarelle est constituée :

La composition de l'aquarelle en godet et en tube est la même. Il est par conséquent envisageable de remplir les godets vidés avec des tubes, moins onéreux, ceux-ci durciront en séchant. Il est cependant recommandé de procéder en plusieurs couches.

Les crayons et craies aquarellables forment des variantes de cette technique sous forme de crayons et bâtonnets.

Aquarelliste «croquant» un paysage, sur le motif.

L'aquarelle est utilisée selon la technique du lavis, c'est-à-dire diluée avec plus ou moins d'eau, lui donnant plus ou moins de transparence, et différents effets selon le papier.

L'aquarelle se prête bien au travail d'esquisse ainsi qu'aux carnets de voyage, comme le montrent les célèbres carnets d'Eugène Delacroix parce que aisément transportable, elle sert à monter rapidement en couleur une image préalablement croquée au crayon ou à l'encre de Chine..

L'aquarelle est cependant aussi utilisée pour des peintures particulièrement poussées et longues à mettre en œuvre, comme on montré Albrecht Dürer, William Turner, Jean-Baptiste Isabey et tant d'autres.

Depuis le XIXe siècle et toujours actuellement, c'est une des techniques les plus utilisées en illustration : elle fait la connaissance de par exemple un grand succès dans les livres pour la jeunesse, surtout pour la possibilité de douceur de ses traitements.

L'aquarelle est aussi utilisée pour la réalisation de décors de dessins animés en animation respectant les traditions.

Sa simplicité apparente en fait un outil particulièrement attirant pour les novices mais la difficulté réelle (très peu de possibilité de repentir, comme avec le lavis) en fait une technique complexe à maîtriser.

Histoire

Albrecht Dürer, Le Cimetière et l'Église Saint-Jean à Nüremberg; jadis à Brême, Kunsthalle[1]. Peinte en 1494, c'est certainement la première aquarelle en couleur représentant scrupuleusement un paysage. [2]

Origine

Dans la civilisation chinoise, l'aquarelle est sensiblement liée à l'invention du papier il y a à peu près 2 000 ans.

Moyen Âge et Renaissance

On trouve l'utilisation de l'aquarelle durant le Moyen Âge en Afrique de l'Est et dans toute l'Asie, du Moyen-Orient à l'Extrême-Orient (où elle sera fréquemment mélangée au lavis) en passant par l'Asie centrale, comme en Iran où l'art persan a laissé de nombreuses aquarelles.

Elle accompagnera aussi l'art de l'enluminure en Occident. Les miniatures et les portraits seront deux éléments particulièrement utilisés dans le développement de l'aquarelle.

La facilité de transport de l'aquarelle permettra de représenter les découvertes du Nouveau monde puis des colonies occidentales.

En occident, Albrecht Dürer (1471-1528) est sans doute l'un des premiers grands maîtres de l'aquarelle. Il a développé cette technique avec une grande finesse, la mélangeant fréquemment à de l'encre et de la gouache. Il a produit ce qu'on considère en histoire de l'art, comme la première aquarelle de paysage qui décrit avec précision et en couleur un lieu donné. [3]

Article détaillé : Œuvre gouaché et aquarellé d'Albrecht Dürer.
Albrecht Dürer, Un Jeune Lièvre, 1502, aquarelle, Palais Albertina à Vienne en Autriche.

Époque moderne

Utilisée pour les études, surtout lors de voyages en Italie, elle est pratiquée par Jean Honoré Fragonard, Hubert Robert ou Louis Durameau.

Sous Louis XVI, l'aquarelle, toujours confondue avec la gouache comme technique de détrempe, est acceptée au sein de l'Académie.

XIXe siècle

Scène alpine, aquarelle de William Turner, 1802.

L'Angleterre, par l'intermédiaire de la Royal Water Color Society, fondée en 1804 à Londres confère à l'aquarelle une dimension nouvelle. John Constable, Richard Bonington, William Turner en sont ses principaux fers de lance. C'est à cette époque que la célèbre maison de fabrication d'aquarelle Winsor et Newton est fondée (1834).

En France, Eugène Delacroix, Théodore Géricault, Paul Huet et Théodore Rousseau s'en servent en voyage et pour leurs croquis de paysage. Les Impressionnistes (Boudin, Jongkind) l'apprécient aussi pour sa spontanéité.

XXe siècle

Mädchen, Egon Schiele 1911.

Les études de danseuses d'Auguste Rodin et les nus de Georges Rouault montrent la liberté qu'on peut atteindre grâce à l'aquarelle. En témoignent aussi les œuvres de Vassily Kandinsky, Egon Schiele, Emil Nolde, August Macke ou Paul Klee. Depuis les années 1960, un véritable renouvellement de cette technique est apparue (Raoul Dufy, Jean Bazaine, Maurice Estève, Zao Wou-Ki, Pierre Risch), alors que la technique «dans le mouillé», initiée par Turner est portée à son paroxysme par les aquarellistes contemporains.

Technique

Les pinceaux

L'aquarelle se pratique avec pinceaux bénéficiant d'un bon pouvoir de rétention de l'eau (trempe). Le poil de petit-gris (écureuil), à la capillarité insurpassée, est en cela le plus indiqué. Pour les lavis et les fonds, la forme du mouilleur ou pinceau à lavis, est usuelle car son ventre ou réservoir sert à contenir une grande quantité de liquide.

Le poil de martre, souple et nerveux, est apprécié pour sa trempe et la finesse de sa pointe. La meilleure martre est la variété de martre rouge Kolinsky.

Les pinceaux en fibres synthétiques souples, moins absorbants mais d'une bonne élasticité, sont utiles pour poser les fonds et ouvrir les blancs.

Article détaillé : pinceau à aquarelle.

Autres outils

D'autres outils peuvent s'avérer utiles à l'aquarelle tels que éponges, boules de coton, chiffons, brosse à dent pour les projections de couleur, lame ou plume pour les grattages.

Le crayon aquarellable (ou crayon aquarelle) est comparable à un crayon de couleur, il sert à dessiner des détails exactement ou bien de placer les couleurs avant de les étaler avec un outil humide comme le pinceau à aquarelle.

Article détaillé : crayon aquarellable.

Le pastel aquarellable (ou pastel aquarelle) se présente sous la forme d'un bâtonnet rond ou carré, par conséquent plus épais que le crayon. Il sert à remplir plus rapidement des zones de couleur.

Le support papier

Le support de l'aquarelle est le plus fréquemment un papier particulièrement encollé, nommé papier aquarelle.

Le papier à aquarelle est le plus souvent :

Composition des papiers aquarelle

Les papiers aquarelle sont fabriqués à partir de coton et/ou de cellulose.

Le coton, toujours nommé chiffon, reste la matière première de choix. La qualité 100 % coton ou pur chiffon reste la plus précieuse.

La cellulose, qu'on tire du bois (hêtre, bouleau, eucalyptus, pin, épicéa, etc. ) devance actuellement beaucoup le coton. Malgré quelques défauts, en partie maîtrisés tels que le jaunissement, la sensibilité au vieillissement ou l'acidité, c'est la fibre la plus facile et économique à produire. A côté des papiers 100 % cellulose, sont actuellement proposés des mélanges coton/cellulose (50/50 ou 25/75), produits tant sur forme ronde que sur table plate.

De nouvelles fibres naturelles apparaissent, telle la canne à sucre et le bambou. Le bambou est pourvu de longues fibres, d'où une capacité d'absorption de l'eau remarquable et des effets de gondolement de la feuille limités. Il est moins gourmand écologiquement parlant que le bois car il grandit particulièrement vite et il évite l'utilisation de pesticides ou de produits chimiques.

Depuis quelques années sont apparues des toiles pour aquarelle

Types de papier aquarelle

Les papiers aquarelles sont fabriqués sur forme ronde ou sur table plate.

La fabrication respectant les traditions sur forme ronde est la préférée des aquarellistes. Plus lente et onéreuse, elle garantie un papier haute de gamme, reconnaissable à ses bords frangés. Le tamis rond de cette méthode à l'ancienne, grâce au mouvement rotatif de son cylindre, répartie les fibres sur le feutre de manière aléatoire, pour une surface plane et stable, qui, en pratique, donne un plus grand contrôle de la couleur à l'artiste.

La fabrication moderne sur table plate, plus rapide et économique, sert à produire un papier de bonne qualité. Le tamis long des machines modernes assure une orientation régulière des fibres : le papier sera bien calibré mais sensible aux gondolements ainsi qu'à l'étalement de la couleur.

La fabrication manuelle, feuille par feuille ainsi qu'avec petits tamis, tend à disparaitre.

Textures du papier

Le grain du papier joue un rôle important à l'aquarelle.

Préparation du papier

Il existe plusieurs manières de travailler à l'aquarelle :

Dans la technique sur mouillé, la tension du papier est indispensable afin d'éviter qu'il ne gondole et que la couleur ne s'accumule dans les creux constitués dans le papier. Elle est recommandée dans la technique sur sec.

Le papier est humidifié avec une éponge sur le recto et le verso, puis tendu sur une planche rigide (bois non verni) avec bandes de kraft gommé. Une fois sec, le papier pourra être (re) mouillé sans risque de gondolements.

Dans le cas des crayons aquarellables qui s'appliquent quelquefois à sec avant d'être dilués, il faut laisser le papier sécher (temps de séchage plus ou moins d'une heure).

Applications

Aquarelle d'un carnet de croquis d'Eugène Delacroix.

Une des principales caractéristiques de l'aquarelle est la transparence de la couleur. La lumière sera par conséquent exprimée par le blanc du papier qu'il sera important de préserver. La préservation du papier peut se faire manuellement ou avec outils tels que la paraffine (bougie) ou la gomme à masquer (drawing gum), qui se présente sous forme d'un épais liquide blanchâtre ou bleuté conditionné en flacon.

L'aquarelle peut se travailler de manière respectant les traditions, par couches juxtaposées de couleurs diluées en augmentant progressivement la concentration de couleur. Ce procédé d'origine anglo-saxonne est toujours particulièrement pratiqué actuellement mais prive l'œuvre des qualités de transparence propres à l'aquarelle.

La technique'dans le mouillé', dans laquelle le papier est humidifié avant de recevoir la couleur, autorise l'artiste d'obtenir des surfaces aux couleurs particulièrement intenses et de jouer avec la «fusion» des couleurs entre elles. Les effets sont illimités : fondus, dégradés, camaïeux, etc..

Quand le pinceau est particulièrement chargé en eau, la transparence et la possibilité de fusion de la couleur est supérieure, mais la précision du motif s'en trouve diminuée.

Sur un bon papier à aquarelle, la couleur reste prisonnière de la surface humide sur laquelle le pinceau est passé. Si le pinceau franchit une zone déjà humide, les pigments s'y répandent.

La zone humide formera le plus souvent une légère auréole au contour plus opaque et , au contraire, à la zone intérieure proche de ce contour plus transparente.

Elle est une des techniques qui demande le plus de dextérité, pour certaines techniques de rapidité et d'une façon plus générale de compréhension de la théorie des couleurs et des effets de l'interaction des mélanges entre eux et avec le support selon leur constituant.

Une aquarelle ne peut accepter que peu de repentirs et de retouches : il est complexe d'éclaircir une zone si on veut conserver la fraîcheur et la spontanéité de la technique de l'aquarelle. Il faut aussi savoir que l'aquarelle éclaircit en séchant et en tenir compte durant le travail.

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes

Références

  1. perdue à la fin la guerre 1945
  2. vide Albrecht Dürer, F. WInkler
  3. F. Winkler

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 11/12/2010.
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