Encre métallo-gallique

L'encre au gallo-tannate de fer est une encre noire fabriquée à partir de sels métalliques et de tanins d'origine végétale.



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L'encre au gallo-tannate de fer est une encre noire fabriquée à partir de sels métalliques et de tanins d'origine végétale. C'était l'encre la plus utilisée en Europe entre les XIIe et XIXe siècles. On parle d'encre ferrique ou métallo-gallique. Cette encre a été utilisée par de nombreux peintres (Rembrandt, …)

Histoire

Différentes étapes du séchage de l'encre métallo-gallique

Elle était déjà utilisée par les Égyptiens 2500 avant J. -C. .

Elle est apparue peu après l'encre de Chine.

Au Moyen Âge, sa fluidité permettait l'usage de plumes d'oiseaux.

Particularités

La particularité de cette encre réside dans son absence de pigment ou colorant : c'est l'action de sels métalliques (sulfate de fer ou de cuivre) qui ajoutés à la matière tannique (la noix de galle mais également quelquefois du lie de vin ou de l'écorce d'arbre) donne cette teinte noire.

Comme l'encre de Chine, elle est inaltérable mais au contraire de celle-ci, elle est plus fluide, ce qui la rend particulièrement agréable pour le dessin à la plume, surtout avec des plumes d'oiseau (oie, dinde). Mais elle convient aussi aux plumes végétales ou métalliques (à nettoyer après utilisation pour éviter toute oxydation). Quant à sa durabilité, à moins d'une exposition prolongée en plein soleil, auquel cas elle virerait au rouge, elle est fiable : les manuscrits du Moyen Âge en témoignent.

Son seul reproche serait sa corrosivité, pour le papier autant que pour la plume métallique. Pour limiter cet inconvénient, sa fabrication doit faire l'objet d'un bon vieillissement : une macération du tanin pendant 3 mois puis, après mélange au fer, une maturation d'au moins 2 mois, un an garantissant son apogée.

Son noir, qui fluctue selon le papier, est légèrement grisâtre : plus sombre et dense sur un papier acide ou sur parchemin (son support d'origine) que sur un papier au pH neutre ou pur chiffon. Grâce à sa fluidité, elle ne fuse pas par contre sur papier poreux.

Fabrication

Les trois constituants principaux sont :

On dissout le sulfate de fer dans de l'eau tiède et on y ajoute de la gomme arabique. On fait bouillir la poudre de tanin séparément et on y ajoute aussi de la gomme arabique. On laisse refroidir et on mélange les deux solutions. Cette encre est plutôt violette pendant l'écriture. Elle noircira avec le temps en absorbant l'oxygène de l'air.

Recette classique

Encre pour archives

"Encre perpétuelle" du chimiste François Margival. On utilise des noix de galle : on les broie, on les recouvre d'eau et on les laisse reposer quelques jours (elles se recouvriront de moisissures). Puis on les fait bouillir et on les filtre.

  • Jus de noix de galle : 1 ℓ
  • Sulfate de fer : 63 g
  • Gomme arabique : 16 g
  • Alun de roche : 16 g (mordant)
  • Sucre : 13 g
  • Acide phénique : 2 g

Encre d'Orient

Le noir de fumée lui donne un aspect velouté.

  • Eau : 1 ℓ
  • Tanin : 23 g
  • Acide gallique : 7 g
  • Sulfate de fer : 30 g
  • Gomme arabique : 10 g
  • Noir de fumée : 25 g
  • Acide chlorhydrique : 2 g
  • Acide phénique : 2 g


Encre au campêche

Le campêche est un bois venant du Mexique. Il accélère le noircissement.

Recette de Caneparius

Recette du professeur de médecine Caneparius de Venise (XVIIe siècle). L'encre contient trop de gomme et n'est pas aussi fluide que les autres. Mais elle vieillit bien.


Recette du moine Théophile

Theophilus Presbyter dans De diversis artibus :

«Pour faire de l'encre, coupez des bois d'épine [aubépine] en avril, mai, avant qu'ils ne produisent des feuilles ou des fleurs, et les rassemblant en faisceaux, laissez reposer à l'ombre pendant deux, trois ou quatre semaines, jusqu'à ce qu'ils soient légèrement secs. Ayez des petits marteaux de bois, avec lesquels vous écraserez les épines sur un autre bois dur, jusqu'à ce que vous ayez retiré entièrement l'écorce. Vous la mettrez aussitôt dans un tonneau rempli d'eau ; et lorsque vous aurez rempli d'eau et d'écorce deux, trois, quatre, ou cinq tonneaux, laissez séjourner ainsi pendant huit jours jusqu'à ce que l'eau soit emparé de tout le suc de l'écorce. Par la suite, mettez cette eau dans une marmite particulièrement propre ou dans un chaudron, mettez du feu dessous, faites cuire ; de temps à autre, jetez aussi de l'écorce dans la marmite, pour que s'il est resté quelque peu de suc, il en sorte par la cuisson ; lorsque vous aurez cuit celle-là, ôtez-là et mettez-en d'autre. Cela terminé, faites cuire l'eau qui reste jusqu'à réduction d'un tiers, puis passez de la première marmite dans une plus petite, et faites cuire jusqu'à ce que cela noircisse et commence à devenir épais, prenant bien garde de ne pas ajouter d'autre eau que celle qui est mêlée au suc. Lorsque vous la verrez épaissir, ajoutez un tiers de vin pur, et mettant dans deux ou trois vases neufs, faites cuire jusqu'à ce que vous voyiez une espèce de peau se former à la surface. Alors enlevant les vases du feu, placez au soleil jusqu'à ce que l'encre se purifie de la lie rouge. Prenez des petits sacs de parchemin cousus avec soin et des vessies ; versez-y l'encre pure et suspendez au soleil pour qu'elle sèche entièrement. Après cette opération, prenez-en lorsque vous voulez, faites détremper dans du vin sur des charbons ; et , ajoutant légèrement d'atrament [atramentum : sulfate de fer], écrivez. S'il arrive par suite de négligence que l'encre ne soit pas suffisament noire, prenez de l'atrament de la grosseur d'un doigt : puis, mettant au feu, laissez chauffer, et jetez aussitôt dans l'encre.»

Recette du Papyrus de Leyde

Extraite du Papyrus V de Leyde :

«1 drachme de myrrhe, 4 drachmes de misy, 4 drachmes de vitriol [sulfate de cuivre], 2 drachmes de noix de galle, 3 drachmes de gomme.»

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 11/12/2010.
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