Fonderie typographique

Une fonderie typographique est une entreprise qui exécute des polices de caractères pour l'imprimerie. Au départ, entre les XVe et XXe siècles, il s'agit de concevoir et de fabriquer des caractères en relief, en plomb, pour la typographie.


Catégories :

Imprimerie - Typographie - Arts graphiques

Recherche sur Google Images :


Source image : linotype.com
Cette image est un résultat de recherche de Google Image. Elle est peut-être réduite par rapport à l'originale et/ou protégée par des droits d'auteur.

Page(s) en rapport avec ce sujet :

  • Fonderie Typographique. dim, 09/27/2009 - 16 :10 — jcg. http ://www. 256tm. com/ · Typo-fonderie. Vous devez vous connecter pour poster des commentaires... (source : technomultimedia)
  • Achat Vente Garanti : La Fonderie Typographique Francaise. Catalogue General. de La Fonderie Typographique Francaise. - Livre neuf et d'occasion au... (source : priceminister)
Fonderie de Johan Enschede à Haarlem, XVIIIe s.
Vignette de la fonderie Phelps & Danton, Boston almanac, 1853.

Une fonderie typographique est une entreprise qui exécute des polices de caractères pour l'imprimerie. Au départ, entre les XVe et XXe siècles, il s'agit de concevoir et de fabriquer des caractères en relief, en plomb, pour la typographie. Aujourd'hui, les polices de caractères sont créées et éditées numériquement, et leur emploi couvre à l'ensemble des domaines de la communication, imprimerie sur tous supports matériels mais également informatiques, vidéo, etc.

Histoire

Les caractères mobiles ont été utilisés pour la première fois en Chine pour imprimer des textes, mais ils étaient en premier lieu fabriqués en terre cuite. C'est en Corée, vers 1234, qu'apparaîssent les caractères mobiles en métal : gravés en bois, les caractères sont pressés dans du sable, qui prend l'empreinte négative, et qui sert de moule dans lequel on verse du cuivre (ou d'autres métaux) en fusion. La diffusion en Corée en est favorisée par l'adoption d'un alphabet simplifié, réduit à 24 lettres (hangeul), mais les élites coréennes ont une réticence à s'éloigner du modèle chinois, et l'impression est réservée aux fonderies royales pour les documents officiels. Au début du XVe siècle, un procédé particulièrement proche de celui de Gutenberg est mis au point.

En Occident, c'est par conséquent Johannes Gutenberg qui «invente» l'imprimerie dans son principe global : les caractères mobiles en alliage de plomb et d'antimoine, l'encre adaptée à cette technique, et la presse à imprimer, le tout constituant un ensemble cohérent. Orfèvre et métallurgiste, il est le premier fondeur de caractères occidental et il met au point (avec ses associés comme Peter Schœffer) ce qui formera pour les siècles suivants la base même du travail, le moule à main et les techniques associées. Désireux d'apporter un produit le plus proche envisageable du manuscrit, il adopte naturellement l'écriture en usage pour les manuscrits, une textura, créant des types non seulement pour les lettres, mais également pour les ligatures, signes et abréviations.

Les premiers fondeurs de caractères sont des orfèvres et des médailleurs, devenus imprimeurs : c'est le cas de Gutenberg, de Schœffer, de Johann Fust, de Nicolas Jenson. Peter Schœffer est reconnu comme le premier qui ait pratiqué la gravure des poinçons en acier et le frappe des matrices en cuivre, et découvert le moule à main[1].

Par la suite, chaque imprimeur est fréquemment son propre fondeur de caractères, et chacun apporte ses propres contributions qui forment progressivement la typographie, avec ses principes et ses règles. Les différents types de caractères portent fréquemment le nom de leurs créateurs, qui sont pour la majorité des imprimeurs.

La première fonderie française fut celle de Claude Garamont, en 1530. Acquise par Le Bé en 1561, elle resta dans sa famille jusqu'en 1730. En Angleterre, John Fell ouvre la première fonderie à Oxford, en 1467.

Avec le développement de l'imprimerie, les métiers se spécialisent. Des imprimeurs qui produisent des caractères se mettent à les revendre à d'autres, et finissent par se spécialiser dans cette activité : c'est l'apparition des fonderies typographiques. Parmi l'extrême spécialisation de certains ateliers, on peut citer l'exemple de la prestigieuse fonderie française Deberny et Peignot, issue d'une fonderie de blancs, c'est-à-dire d'espaces typographiques.

Technique

Création de la lettre

Article détaillé : Créateur de caractères.

L'objectif de Gutenberg et de ses suiveurs est d'imiter au plus près l'écriture manuscrite des copistes, à savoir, à l'époque, une textura compacte, avec la totalité des ligatures et des signes abréviatifs alors en usage. Progressivement, le livre imprimé est acquis comme un objet spécifique qui n'a plus à se réclamer du manuscrit. Le papier est facile à fabriquer et ne justifie plus les sévères économies d'espace (écriture étroite et multiples abréviations) que nécessitait le coûteux parchemin. Par conséquent on se tourne vers des écritures plus proches des modèles antiques que l'humanisme de la Renaissance remet au goût du jour. On en vient à créer des caractères dont le dessin ne doit plus rien (ou du moins, d'assez loin) à l'outil d'écriture manuscrite.

Poinçons et matrices

Jeu de poinçons de chiffres (le 6 sert aussi pour le 9)
Article détaillé : Poinçon (imprimerie) .

Le graveur de caractères procède par étapes successives, en commençant par des contrepoinçons en acier, qui sont frappés de façon à laisser leur empreinte sur les poinçons, eux-mêmes toujours en acier trempé. Les contrepoinçons servent à évider les parties ouvertes des lettres, comme le blanc intérieur d'un o, celui des lettres p, b, d, q, l'espace entre les jambages d'un m, etc., parties qui seraient autrement complexes à évider dans le métal, en particulier dans les petits corps. Les poinçons définitifs, représentant la totalité des caractères d'une fonte, en relief et dans le sens de lecture normale, forment la majeure partie de cette fonte et sont par conséquent jalousement conservés. Le poinçon permet de imprimer en creux le dessin de la lettre dans une plaque de cuivre, la matrice, qui sera le moule du caractère. La matrice est introduite dans un moule à main, constitué de plusieurs pièces, dont le principe a été établi par Johannes Gutenberg et Peter Schœffer, et évolue particulièrement peu au cours des siècles suivants. La totalité de ce travail est détaillé par Apportéer dans son Manuel de typographie[2].

Fonte

Cas spécifique : caractères en bois

Caractères en bois de grande taille.

Pour les particulièrement grands corps destinés aux affiches, l'usage de caractères en plomb devient complexe à produire ainsi qu'à gérer. C'est pourquoi on utilise des caractères en bois, dits «bois d'affiche», par conséquent taillés et non fondus. Ils sont taillés dans des bois durs, comme le buis ou des fruitiers. La majorité des vignettes décoratives, culs-de-lampe et les filets de grande taille étaient en bois (Pierre-Simon Apportéer avait d'ailleurs débuté comme graveur de vignettes sur bois).

Les ateliers de gravure de caractères et de vignettes étaient le plus souvent des entreprises indépendantes, localisées dans des zones où l'approvisionnement en bois et les pratiques de travail étaient facilités.

Catalogues de fonderies

Page spécimen de la fonderie Caslon

Les fonderies éditaient régulièrement des catalogues ou des spécimens conçus pour montrer à leurs acheteurs potentiels la totalité de leur production, déclinée dans l'ensemble des fontes. Les catalogues de fondeurs sont fréquemment recherchés comme documents historiques et artistiques, car leur réalisation était spécifiquement soignée. Les catalogues ont été utilisés jusqu'à l'avènement de l'informatique car même avec la photocomposition, la mise en page doit être calculée «manuellement» à partir des exemples (longueur d'un texte donné selon la police, du corps, de l'interlignage, etc. ).

Fonderies numériques

Avec la disparition progressive de la typographie en plomb, les fonderies ont soit cessé d'exister, soit se sont reconverties dans la photocomposition, puis dans la création numérique. La majeure partie du travail est effectué par le créateur de caractères (avec ou sans une équipe restreinte de collaborateurs) qui doit maîtriser l'usage des différents logiciels. La fonderie, qui a conservé ce nom quoiqu'on n'y fonde plus, est par conséquent une entreprise commerciale chargée de la diffusion et de la vente des polices sur un espace désormais international.

Principales fonderies numériques

  • Adobe
  • Linotype Library (1998)
  • Agfa-Monotype ITC (2000)

Grandes fonderies typographiques

Bâtiments de la fonderie Haas, à Münchenstein (Suisse).

Allemagne

États-Unis

France

Italie

Pays-Bas

Royaume-Uni

Suisse

Notes et références

  1. Jérôme Peignot, De l'écriture à la typographie, Paris, Idées NRF, Gallimard, 1967
  2. Pierre-Simon Apportéer, Manuel typographique, 1764 [1]

Annexes

Liens externes

Bibliographie

Recherche sur Amazone (livres) :



Principaux mots-clés de cette page : caractères - fonderie - bois - poinçons - lettres - écriture - typographique - imprimerie - typographie - moule - gutenberg - conséquent - matrices - vignette - polices - siècles - plomb - premier - fondeur - schœffer - travail - usage - imprimeurs - espaces - totalité - parties - fonte - apportéer - catalogues -

Ce texte est issu de l'encyclopédie Wikipedia. Vous pouvez consulter sa version originale dans cette encyclopédie à l'adresse http://fr.wikipedia.org/wiki/Fonderie_typographique.
Voir la liste des contributeurs.
La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 11/12/2010.
Ce texte est disponible sous les termes de la licence de documentation libre GNU (GFDL).
La liste des définitions proposées en tête de page est une sélection parmi les résultats obtenus à l'aide de la commande "define:" de Google.
Cette page fait partie du projet Wikibis.
Accueil Recherche Aller au contenuDébut page
ContactContact ImprimerImprimer liens d'évitement et raccourcis clavierAccessibilité
Aller au menu