Linotype

La Linotype est une machine d'imprimerie qui utilise un clavier alphanumérique à 90 caractères servant à composer une ligne de texte complète en un seul bloc de plomb, d'où l'étymologie en anglo-américain : «line o'type».


Catégories :

Imprimerie - Typographie

Définitions :

  • Marque d'une machine à composer, sortant des lignes entières de texte, dites «lignes-blocs» (Composition typographique). (source : berco)
Une Linotype (Deutsches Museum)
Une ligne-bloc, face d'encrage (avec une coquille : «Sefan» au lieu de «Stefan»)
Clavier d'une linotype.

La Linotype est une machine d'imprimerie qui utilise un clavier alphanumérique à 90 caractères servant à composer une ligne de texte complète en un seul bloc de plomb, d'où l'étymologie en anglo-américain : «line o'type». Cette combinaison de machine à écrire et de micro-fonderie, imaginée aux États-Unis en 1885, permettait une composition accélérée et plus régulière des blocs d'imprimerie qu'avec la typographie respectant les traditions, consistant à insérer un à un des caractères mobiles (lettres, signe de ponctuation ou espaces de calage) dans une galée. Cette machine révolutionna l'édition, et permit à de petits ateliers d'effectuer des tirages importants dans des délais raisonnables. La linotype (devenue un nom commun) régna sans partage dans l'imprimerie jusqu'au début des années 1970, date à laquelle elle fut remplacée par la photocomposition, avant que la typographie ne soit remplacée par le tirage offset.

La linotype, mise au point et brevetée par Ottmar Mergenthaler le 12 mai 1885, était une machine haute de 2, 10 m. Chaque frappe sur le clavier fait basculer une matrice en cuivre depuis un magasin ; chacune de ces matrices correspond à un caractère (quelquefois à une ligature dans les versions françaises). Une fois qu'une ligne de matrices, dite ligne-bloc, a été saisie, la machine coule un alliage étain-plomb-antimoine à bas point de fusion sur la ligne-bloc, qui sert de moule. La machine crée ainsi une ligne typographique d'un seul tenant qui n'a plus qu'à être encrée pour faire l'impression. Les lignes-blocs sont ensuite assemblées en une forme correspondant aux dimensions de la page, qu'il n'y a plus qu'à insérer dans une presse à imprimer respectant les traditions.

L'intérêt de la Linotype ne résidait pas seulement dans le fait de bien caler les matrices au gré de la saisie de l'opérateur (compositeur), mais également dans le fait de remettre les matrices après fonte de la ligne-bloc dans le bon magasin de casse en prévision de la saisie suivante. C'était là un avantage décisif, car le rangement des matrices dans les casses (opération nommée «distribution») était l'étape la plus lente et celle qui occasionnait le plus d'erreurs chez les typographes. La Linotype machine reposait sur le marquage des matrices avec sept encoches réalisant un codage binaire : ces encoches codaient la position des 90 magasins (ou celle des 34 magasins auxiliaires). Certains caractères rares (appelés matrices-pi ou simplement sorts) ne comportaient aucune encoche, de sorte qu'après usage elles glissaient tout au long du distributeur sans jamais tomber dans un magasin, et étaient récupérées en bout de course dans un bac à la droite de l'opérateur, prêtes à être réinsérées manuellement au besoin.

En outre, la Linotype résolvait mécaniquement l'opération de justification des lignes-blocs. Elle insérait pour cela des «blancs» ajustables plutôt que les fers typographiques respectant les traditions, de largeur fixe. L'opérateur réalisait la justification en pressant sur la touche espace tout à la gauche du clavier. Les matrices d'espace sont des ressorts bilames en acier dont la largeur à la base s'accroît en poussant un écarteur en forme de coin à l'intérieur. Quand le typographe insère une espace, le bilame est mis en place avec une largeur minimale. Quand la ligne est composée, le typographe presse un levier à la droite du clavier qui transfère cette ligne dans la chambre de coulée. Puis le typographe lève le levier de justification, ce qui pousse simultanément les écarteurs des bilames d'espace d'une même hauteur ; l'écartement égal des bilames repousse les matrices jusqu'à occuper toute la largeur de la ligne. Dans cette position, la totalité est verrouillé puis la ligne bloc est coulée. Ce procédé était entièrement automatique, ne requérant l'intervention de l'opérateur que pour préciser si une ligne ne devait pas être justifiée, ou bien si elle devait être justifiée à droite par exemple. Une fois que la ligne-bloc était fondue, la machine recalait le boîtier tout en en rangeant d'un coup les matrices utilisées dans leurs magasins respectifs.

La composition par «typographie à chaud» a quasiment disparu actuellement, remplacée par la «photocomposition» : le texte est désormais saisi sur ordinateur, puis le texte est flashé sur du papier photographique et appliqué, soit à la main, soit par PAO, sur des «plats» de grand format prêts pour le tirage offset.

La meilleure trouvaille dans l'invention de la Linotype est peut-être l'organisation du clavier, dont les lettres étaient rangées selon la fréquence d'utilisation de l'anglais courant. Ainsi les deux premières colonnes verticales étaient le plus souvent ETAOIN SHRDLU, une ligne qu'on retrouvait fréquemment imprimée parce que les typographes qui s'étaient trompés complétaient la ligne en cours en faisant glisser leurs doigts jusqu'au bas du clavier pour terminer la ligne et recommencer la saisie : il était plus rapide d'annuler une ligne pour en recommencer la saisie que de reprendre à la main le caractère fautif en faisant opérer le mécanisme ; et quelquefois la ligne était coulée sans que la correction eût été saisie. Cette phrase ETAOIN SHRDLU possède même une entrée dans l'Oxford English Dictionary, et plusieurs écrivains l'ont utilisée comme pseudonyme.

Le clavier comportait fréquemment la série suivante (qui changeait selon les pays, par exemple, en France, elle commençait ainsi :  elaoin / sdrétu / cmfhyp / vbg?qj / xz ⇔ Merci d'apporter votre aide en consultant la source[1], comptant le é parmi les lettres courantes du Français, reléguant le w en 5e position, sur la 5e colonne pour les majuscules)  :

etaoin / shrdlu / cmfwyp / vbgkqj / xz

deux fois, pour les majuscules et les minuscules, avec des touches scindées pour les nombres et les symboles n'ayant pas de casse spécifique.

Historique

La Linotype n'est pas une création ex nihilo. Elle arrive après les innombrables tentatives de machines à composer qui se sont succédé au cours du XIXe siècle en vue d'accélérer la composition. Toutes ces machines assuraient la composition, butaient sur la justification des lignes, et n'apportaient aucune solution valable à la distribution : pour certaines les caractères utilisés étaient envoyés à la fonte et remplacés par des jeux de caractères neufs : compte tenu de la fragilité du caractère plomb, complexe à modifier en lui attribuant des crans ou des encoches, mais facile à fondre ainsi qu'à mouler, la voie de la Linotype était tracée…

Au départ, la Mergenthaler Linotype Company était l'unique société fabriquant des machines à composition mécanique qui fut employée la première fois par le New York Herald en 1886, mais avec le temps elle devait infailliblement être imitée. La Intertype Company (dont les machines avaient un aspect plus moderne que celles de Mergenthaler) démarra sa production en 1914 et une compétition bienveillante se déploya entre les deux sociétés pour favoriser la composition automatique. L'autre concurrent fut la Linograph Corporation (le trait différentif des machines de cette compagnie était que les magasins de matrices était verticaux), dont la création fut une conséquence de la crise de 1929. Mergenthaler et Intertype produisirent des linotypes jusqu'à la fin des années 1960. À partir de 1913, la société Ludlow commercialisa beaucoup une machine moins ambitieuse, la Ludlow Typograph, qui se limitait à couler des lignes-blocs à partir d'une composition manuelle de matrices.
Ce dispositif sera le plus utilisé pour la composition des journaux jusqu'au années 70, remplacé progressivement par la photocomposition.

Voir aussi

Sources

  1. Image de la Linotype 5 Meteor [1], mise en ligne sur belcaire-pyrenees (avec zoom). La 4e lettre de la 4e colonne serait un "k", selon 86.210.89.115 dans l'historique de la page

Liens externes

Brevets

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"Linotype"

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 11/12/2010.
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