Orthotypographie

L'orthotypographie est la totalité des règles qui permettent d'écrire de façon correcte, selon une norme établie, avec types.



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Norme - Imprimerie - Typographie

L'orthotypographie est la totalité des règles qui permettent d'écrire de façon correcte, selon une norme établie, avec types (caractères). C'est par conséquent la totalité des règles de l'orthographe des mots et des règles typographiques (utilisation des majuscules et des minuscules, des espacements, de la ponctuation, de l'italique, etc. ).

Le terme semble être apparu en 1608 et désignait alors un document destiné aux correcteurs ou à ceux qui vont publier leurs écrits. Pour Jean Méron, le terme excluait par conséquent toute référence à la simple rédaction manuscrite. La notion a été reprise par Nina Catach («orthographe typographique») qui s'était intéressée aussi à la ponctuation comme à ce qu'elle nommait «la mise en page». Jean-Pierre Lacroux revendique le mot-valise avec un sens différent de celui évoqué par Méron : tout ce qui concerne «l'armada des prescriptions à la fois orthographiques et typographiques ; par exemple, celles qui concernent l'écriture des titres d'œuvres».

De fait, le terme correspond à une intersection (nécessairement) floue entre orthographe et typographie. Différente des «marches typographiques» propres à une publication, un éditeur, une collection, etc. — et qui ont chacune leur particularité —, l'orthotypographie répondrait au besoin de repères qui est celui des rédacteurs-composeurs-éditeurs (fréquemment auto-imprimeurs) d'aujourd'hui. Après cinq siècles de composition typographique et un demi-siècle uniquement de photocomposition, le développement des outils bureautiques (matériels et logiciels), mais également de l'impression personnelle contribuent à faire émerger dans le public le besoin de connaître les règles de présentation de documents structurés.

L'orthotypographie se distingue par conséquent du simple respect de la norme orthographique et grammaticale commun à la totalité des productions écrites (y compris les productions courantes). Son but est d'appliquer des normes ortho- et typo-graphiques applicables à l'édition «composée» qui participent à la compréhension visuelle d'un texte structuré, qu'il s'agisse d'impression sur papier ou de mise en ligne.

Les références à l'orthotypographie

Les travaux de Jean Méron

Tant le préfacier, Fernand Baudin, que l'auteur, Jean Méron, de Orthotypographie, recherches bibliographiques (Convention typographique, Paris, avril 2002), attribuent la première apparition du mot (composé en caractères grecs) à Hieronymo Hornschuch (orthotypographie, soit l'instruction utile et indispensable à ceux qui vont corriger des ouvrages imprimés et les conseils à ceux qui vont publier leurs écrits) qui rédigea un manuel ainsi titré en 1608. Il existe des traductions allemande, anglaise et française de ce manuel. Jean Méron estime que le mot permet de désigner par conséquent l'acte d'écrire de façon correcte, selon une norme établie, avec types (caractères) . Cela exclut qu'une orthotypographie conforme aux usages établis puisse être obtenue en rédigeant manuellement.

Nina Catach

Dans l'Orthographe[1], Nina Catach avait employé le terme[2]. Et elle écrit, à propos des pères fondateurs (les Lefèvre d'Étaples, Robert Estienne, Geoffroy Tory et autres Étienne Dolet)  :

«Comme leurs prédécesseurs, clercs et scribes (ce sont fréquemment les mêmes qui se sont reconvertis), ils pensent et parlent tout autant en latin qu'en français. Mais ils sentent le besoin de doter la langue nationale de l'instrument graphique dont elle a besoin. Après quelques tâtonnements, ils renoncent à la copie textuelle des manuscrits, aux excès ainsi qu'aux signes de dégénérescence de l'écriture manuscrite. Les mots se séparent, les caractères sont nettement différents, les ligatures et les abréviations disparaissent, et un dispositif progressivement normalisé de majuscules, de signes de ponctuation, d'accents se met en place, remplaçant les procédés compliqués de lettres adscrites, plus commodes à l'écriture manuscrite[3]

Les Délires de l'orthographe (Plon, 1989) rappelaient[4] :

«La ponctuation, prise au sens large, rejoint la «typographisation» et la «scripturation»[5][réf.  insuffisante] ou mise en page (MEP). La MEP marque «le passage progressif d'une culture de la voix et de l'oreille à une culture de l'image visuelle du langage, une culture du livre»[6][réf.  insuffisante]»

Dans son Histoire de l'orthographe française[7], elle précisait au chapitre III[8] :

«Si l'orthographe française, de par sa fonction, se rattache de façon particulièrement étroite à la grammaire ainsi qu'à la langue, elle n'en présente pas moins du point de vue formel un support matériel qui a relevé, au cours de son histoire, de la calligraphie en premier lieu, puis de la typographie. C'est cet aspect tout extérieur en apparence, à la limite du domaine linguistique et du domaine technique, que j'ai été amenée à dénommer orthotypographie

Jean-Pierre Lacroux

Dans l'avant-propos de son œuvre posthume, Jean-Pierre Lacroux définit l'orthotypographie :

«Orthotypographie est un beau néologisme. Sa formation, fort différente de celle d'orthotypographia (rareté néolatine forgée il y a quatre siècles : ortho + typographia = typographie correcte) ne doit rien à la préfixation. C'est un mot-valise subtil : orthograph[e] + typographie. Il est parfait pour désigner l'armada des prescriptions à la fois orthographiques et typographiques, par exemple celles qui concernent l'écriture des titres d'œuvres. [9]»

Quel champ pour l'orthotypographie ?

L'intersection floue entre «orthographe» et «typographie»

L'orthotypographie reste un terme en attente d'une définition précise car il ne ressortit pas à un domaine spécifique bien circonscrit. Ses composants, ortho et typographie, pourraient laisser supposer qu'il s'agit d'une discipline indiquant la manière de bien typographier, verbe absent de la majorité des dictionnaires. S'agit-il simplement de composer en utilisant des caractères dits toujours d'imprimerie tandis qu'ils sont fréquemment utilisés aujourd'hui sans qu'il soit obligatoirement procédé à leur impression ? Ou de composer et publier, ce qui implique d'organiser la composition, de la mettre en forme, de réaliser une mise en page ? Ce qui implique de multiples opérations telles la détermination des marges (ou empagement), la calibration, la justification, etc. Or, une large part de ces opérations sont négligées par les orthotypographes, qui n'en traitent pas.

Jean-Pierre Lacroux, graphiste, auteur, correcteur et sans doute orthotypographe, signalait à ce sujet sur la Liste typographique francophone (message 198, intitulé orthotypographie, daté du 27 juin 1997)  : «Orthotypographie est un mot-valise, subtile combinaison d'orthographe et de typographie Il sert à désigner un immense secteur, aux contours quelquefois flous, localisé aux marges des deux domaines (et même de quelques autres…).» Cela inspira à l'un de ses colistiers, Jean Fontaine, la réflexion suivante : «Tout comme le mot auto-école ne veut dire école par soi-même (préfixe grec auto + mot français école), mais plutôt école de conduite automobile, [le mot orthotypographie est un] mot-valise constitué des mots français orthographe et typographie) et [il] couvre par conséquent principalement ce qui est à l'intersection (floue) de ces deux domaines.»

Orthotypographie, codes et marches[10] typographiques

L'observation montre qu'il est le plus souvent admis par les professionnels qu'une marche est un ensemble de règles, fait d'un individu ou d'un groupe d'individus, qui ne sera appliqué que pour la production de la totalité des publications d'une personne, d'une entreprise, d'une collection, ou alors d'un seul titre publié. Ainsi, le Lexique des règles typographiques en usage à l'Imprimerie nationale serait une marche, de même que le Chicago Manual of Style, qui est à la fois un guide de rédaction (recommandant des tournures de styles, des formes orthographiques à préférer à d'autres) et une marche de composition dont le respect s'impose aux correcteurs des éditions de l'université de Chicago.

Ces deux ouvrages, tout comme le Ramat de la typographie, d'Aurel Ramat, auteur unique, n'en sont pas moins des ouvrages de référence dont les règles sont observées par des auteurs et correcteurs dont les publications ne seront pas confiées à l'Imprimerie nationale ou aux Presses de l'université de Chicago. L'observation révèle qu'un code serait le fait de plusieurs auteurs se réunissant dans un cadre syndical ou interprofessionnel pour élaborer des règles s'imposant à la totalité des entreprises (maisons d'édition, de presse, imprimeries, correcteurs indépendants fédérés dans une association ou un syndicat).

Pourtant, la marche de l'Office des publications de l'Union européenne s'intitule Code de rédaction interinstitutionnel et le Nouveau code typographique de la Fédération de la communication CFE/CGC, qui se fonde, certes, sur les dix-sept éditions successives du Code typographique (première parution en 1946), ouvrage collectif, est-il le fait d'un auteur unique, Robert Guibert. Quant au Guide du typographe (ex-Guide du typographe romand), dont l'éditeur est le groupe de Lausanne de l'Association suisse des typographes, ouvrage collectif, il serait un code qui ne s'intitulerait pas de la sorte.

Se constate aussi l'existence de documents officiels dont les recommandations s'imposent au moins à celles et ceux qui ont l'autorité de rédiger pour le compte des organismes ou administrations dont ils émanent. On remarquera mais aussi l'Office québécois de la Langue français diffuse, conjointement avec le Bétel (Banc d'évaluation technolinguistique), depuis le début du siècle un document dont le titre est «Word 2002, l'odyssée de l'espace! ou les espacements avant et après les signes de ponctuation et d'autres signes ou symboles courants» (et, non, l'absence d'espace avant le point d'exclamation n'est pas, ici, une coquille puisque le document n'en prévoit pas plus devant ce signe que devant le point d'interrogation). De même, la norme belge NBN Z 01-2002 intitulée Classification et frappe de documents, laquelle présente des incohérences (telle cette énumération dont les lignes antérieures à la finale sont suivies de virgules et telle autre dont les lignes sont suivies de points-virgules non précédés d'espaces), et des approximations, ou alors des erreurs factuelles (le code ISO du yen étant JPY et non JPJ), peut être, du seul fait d'être une norme, assimilée à un code.

La consultation de ces ouvrages tendrait à circonscrire l'orthotypographie : il ne s'agirait que de la fixation des règles de «composition horizontale», le ligne à ligne, par opposition aux règles, techniques ou principes d'occupations de l'espace-page. Pourtant, les indications relatives à la division des mots en fin de ligne, aux listes (énumérations supposant de chasser les entrées successives à la ligne suivante), à l'alinéation (citations dialoguées, tirades, poèmes ?), aux tableaux (sens de lecture) relèvent aussi de la composition verticale. Relève aussi de l'orthotypographie ce qui se rapporte à des normes internationales de composition (composition des toponymes, des codes postaux, abréviations des unités de mesure, etc. ).

Il serait tentant aussi de diminuer le domaine d'application de l'orthotypographie au tronc commun de ces codes, manuels et marches : règles d'emploi des capitales, de l'italique, composition des nombres, abréviations, signes de ponctuation et blancs d'accompagnement, emploi de caractères spéciaux (puces, astérisques, marques de paragraphes, etc. )  ; l'emploi des ligatures et des caractères dits experts, tombés en désuétude mais redevenus plus faciles à composer (avec des polices de caractères au format OpenType et des logiciels de composition sachant les gérer), pourrait aussi être intégré dans cette énumération. Relevons incidemment que, dans ce tronc commun, nombre d'entrées rassemblent des règles qui sont observées (ou ignorées) tant pour la composition typographique que pour la rédaction manuscrite ou la composition calligraphique.

Le besoin de repères

Dans la préface d'Orthotypographie, Jean-Pierre Lacroux rappelait que :

«La composition «typographique» a régné sans partage pendant un demi-millénaire, la photocomposition n'aura pas même vécu un demi-siècle : quelles que soient les évolutions techniques à venir, la chaleur du plomb n'a pas fini d'irradier la langue écrite. Actuellement, l'informatique bouleverse le monde des arts graphiques et multiplie les possibilités de la typographie. Naguère énorme, l'investissement indispensable à la création d'un poste de composition est devenu dérisoire. C'est particulièrement réjouissant. Les machines sont un progrès, on l'a observé il n'y a pas si longtemps dans le domaine des transports, où le code de la route n'est devenu une obligation vitale qu'après la pose de moteurs sur les véhicules : lorsque n'importe qui circule vite, il vaut mieux prendre des précautions. Lorsque n'importe qui écrit, pas nécessairement ; mais lorsque n'importe qui compose ? lorsque tout le monde imprime ? Depuis que la «typographie» est morte, les codes typographiques sont devenus indispensables. La publication assistée par ordinateur fait courir de graves dangers à la langue écrite, des dangers «à la mesure de la puissance des machines», comme disent quelques communicateurs. Les protes et les correcteurs étaient fréquemment tatillons, du moins connaissaient-ils leur langue ; actuellement nous avons des paoïstes improvisés. Il suffit de feuilleter les publications, les brochures, les rapports annuels des entreprises pour constater que certains desk-topeurs ont constamment le pied au plancher, même dans les virages les plus serrés. Sans risque, sauf pour le français, fracassé, et le bon usage, à l'agonie. […] N'accablons pas les amateurs. Les professionnels ont ouvert la voie.»

Dans la vie privée comme dans la vie professionnelle, il y a de plus en plus de rédacteurs-composeurs-éditeurs qui sont , de surcroît, «auto-imprimeurs». Le succès public du Manuel de typographie élémentaire d'Yves Perrousseaux comme du Lexique des règles typographiques en usage à l'Imprimerie nationale attestent du souhait que peuvent avoir les particuliers ou des professionnels ayant à faire avec l'édition sans être eux-mêmes des professionnels de l'édition (des documents d'entreprise aux publications universitaires) de «bien composer».

Le code orthographique est admis : qu'il soit violenté quelquefois ne remet pas en cause sa légitimité, et l'utilisateur lambda sait pouvoir ou devoir recourir si indispensable à des aides diversifiées selon ses besoins, du Petit Larousse illustré des familles aux dictionnaires encyclopédiques ; des dictionnaires des difficultés à cet arbitre que reste le Bon Usage de Maurice Grevisse. De la même manière, il existe un besoin d'outils orthotypographiques, sur papier ou en ligne ; un besoin aussi d'éducation orthotypographique : indispensable à haut niveau pour les professionnels de la chose imprimée (ou même éditée : la question est posée pour les textes et documents «mis en ligne»)  ; indispensable aussi pour les autres.

Au-delà de l'exactitude orthographique lato sensu, il existe un besoin de connaître les règles de présentation de documents structurés : des titres aux citations, des index aux bibliographies, etc.

Essai de définition

Pour tenter de donner une définition moderne de l'orthotypographie, il faut un instant revenir aux sources. Nina Catach, passionnée par l'orthographe au-delà même du champ scientifique qu'elle forme, a rendu aux éditeurs-imprimeurs de la Renaissance l'hommage qui leur était dû. Si, dans l'Orthographe, il est question de la graphie des mots (les manuscrits médiévaux ignoraient la cédille et les accents que Geoffroy Tory préconisait dans le Champfleury (1529), il est bien question non pas d'une simple «transposition» de l'écriture cursive des manuscrits aux caractères romains empruntés aux imprimeurs italiens, mais bien de la constitution d'un dispositif normalisé différent intégrant ce degré qu'ell'appelle, dans la Ponctuation (PUF), la «mise en page (MEP)». Comme elle l'écrit dans l'Orthographe (p.  27), en évoquant la Briefue Doctrine pour deuement escripre en language franoys : «l'ébranlement du dispositif respectant les traditions a été donné par un typographe — mais un typographe qui, ayant étudié à Bologne ainsi qu'à Rome, a enseigné la grammaire et la philosophie dans plusieurs collèges de l'université de Paris, fut parallèlement prote et graveur pour plusieurs imprimeurs dont Henri Estienne, imprimeur du roi et maître de Claude Garamond, auteur de la Briefue Doctrine (avec l'aide de Clément Marot). Ces compositeurs ont défini un nouveau solfège pour l'imprimé dont l'orthotypographie est le traité d'harmonie.

Pour rester dans le champ de la norme textuelle, on peut évoquer le concept de grammaire de l'imprimé, en prenant grammaire au sens large, mais également avec la notion de bon usage qu'on attache, depuis Vaugelas et , plus près de nous, Maurice Grevisse à tout texte normatif en la matière.

L'existence d'un code orthographique n'est pas contestée : les débats en la matière portent sur les adaptations et leurs modalités (mais le débat n'est pas neuf : il remonte aux divergences mêmes entre Ronsard et Louis Meigret, d'une part, Robert Estienne, d'autre part). Le code orthographique dans son acception large (orthographe syntaxique et orthographe d'usage) est une norme (dans son double sens de référence technique et de règle sociale), une référence qui sert à lire un texte parce que les modalités d'écriture sont respectées (sinon connues) de tous, et qu'en cas de désaccord entre le scripteur (même disparu depuis un siècle) et le lecteur, l'arbitrage est toujours envisageable.

Il ne s'agit pas, avec l'orthotypographie, de fixer la totalité des règles pour composer et publier, ce qui implique d'organiser la composition, de la mettre en forme, de réaliser une mise en page — et par conséquent de multiples opérations telles la détermination des marges (ou empagement), la calibration, la justification, etc. Or, une large part de ces opérations sont négligées par les orthotypographes, qui n'en traitent pas. L'orthotypographie se distingue par conséquent d'un «code technique», même si toute code typographique, toute «marche» contient des éléments d'ordre orthotypographique. L'orthotypographie suppose ou permet des variantes (plus rares, mais réelles aussi dans l'orthographe, voir clé/clef ou les accords par syllepse), des adaptations : c'est l'objet des marches typographiques (pour une revue, une collection, ou alors un ouvrage). Mais ces marches, parce qu'elles reposent sur un principe de cohérence au service du lecteur, sont l'illustration même de la logique orthotypographique.

L'orthotypographie se distingue aussi du simple respect de la norme orthographique et grammaticale commun à la totalité des productions écrites (y compris les productions courantes : documents manuscrits, courriels «ordinaires»).

L'orthotypographie a pour but de faire appliquer des normes ortho- et typo-graphiques applicables à l'édition «composée» qui participent à la compréhension visuelle d'un texte dans lequel l'usage des majuscules, des guillemets, l'apparence que prennent les références sont des aides pour un lecteur qui ne déchiffre pas un grimoire abscons mais peut entrer de plain pied dans un document dont la charpente et les structures sont pour lui des points de repère et des points d'appui. Par édition «composée», on entend autant l'impression sur papier que la mise en ligne. Les contraintes techniques pour cette dernière ont des effets réels, mais entre le langage HTML des années quatre-vingt et les possibilités qu'offrent les feuilles de style CSS d'aujourd'hui, il y a un monde[11].

La présentation de la norme et sa maîtrise ne sont pas les mêmes pour les professionnels spécialistes de la chose «composée» (éditée, que le support soit ou non le papier) ou pour l'usager lambda (de la même manière qu'une grammaire scolaire traitera l'accord du participe passé en une page lorsque Grevisse y consacre quinze pages du Bon Usage inassimilables même par un excellent élève de collège).

Les règles de composition viennent de loin : nul n'écrit plus ni compose toujours moins comme le faisaient Geoffroy Tory ou Robert Estienne. Mais les principes fondateurs demeurent : la règle est là pour aider le lecteur, à la fois parce que les règles en sont (plus) beaucoup connues et parce que l'auteur (ou l'éditeur), quel que soit son statut (professionnel de l'édition ou non) les applique non ou non seulement par respect de la loi, mais parce qu'il mesure bien en quoi ce respect aide à la «compréhension visuelle du texte».

L'orthotypographe

Pour l'instant, en anglais comme pour les langues romanes, seuls sont attestés, dans les textes les employant, les deux mots «orthotypographie» et «orthotypographe» et les traductions d'orthotypographie (nous n'avons pas encore trouvé «orthotypographer» ni de forme du type «iste»).

Faut-il envisager, selon les méthodes de la lexicographie, deux entrées pour le mot «orthotypographe» :

  1. l'un pourvu d'une définition comparable à celle du mot «orthographe» ;
  2. l'autre étant un terme de métier désignant la personne chargée de fixer ou appliquer les règles d'orthotypographie (en attendant qu'une forme néologique distingue les praticiens élaborant les règles de ceux en assurant le respect).

«Orthotypographe» comme «orthographe» apparaît peu évident à cause de l'existence du couple «typographe/typographie». C'est pourquoi «orthotypographie» a été employé et a, selon toute vraisemblance plus d'avenir. «Orthographe» est d'ailleurs une exception, lorsqu'il s'agit de désigner un «objet de connaissances théoriques ou pratiques», si on considère la totalité des termes en «∼graphie». Une rigueur complète imposerait de ne parler que d'orthographie, mais l'histoire a ses aléas… On n'oublie pas le hiéroglyphe, qui a subi le même sort[12]

C'est le nom de métier qui devrait être seul retenu, et plus probablement pour celui ou celle qui fixe ou définit les règles : l'application des règles s'effectue et se vérifie (en principe) tout au long de la chaîne éditoriale.

Notes et références

  1. Nina Catach, l'Orthographe, PUF, Paris, 1978-1998, 8e édition.
  2. dans le titre de la section I. 1 du chapitre II «Les deux Renaissances (XVIe et XVIIe siècles)» (p.  25 : «Rôle des imprimeurs : l'orthographe typographique (orthotypographie)».
  3. Nina Catach, l'Orthographe, PUF, p.  26.
  4. Les Délires de l'orthographe (Plon, 1989), article «Mise en page (MEP)», p.  156.
  5. R. Laufer.
  6. N. Catach, op.  cit.
  7. Nina Catach, Histoire de l'orthographe française, Honoré Champion, Paris, 2001, édition posthume de Renée Honvault assistée d'Irène Rosier-Catach.
  8. Nina Catach, Histoire de l'orthographe française, chap.  III, 2, 1, p.  126.
  9. Jean-Pierre Lacroux, Orthotypographie, orthographe et typographie françaises, dictionnaire raisonné en ligne, 2007.
  10. «marches à suivre».
  11. Cependant des adaptations restent techniquement nécessaires à cause des limites actuelles du codage sur écran.
  12. Le hiéroglyphe était à la base la personne qui écrit les «hiéroglyphes», par conséquent un scribe.

Bibliographie

Annexes

Liens externes


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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 11/12/2010.
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