Papier

Le papier est une matière fabriquée à partir de fibres cellulosiques végétales et animales. Il se présente sous forme de feuilles minces...


Catégories :

Papier - Matériel d'écriture

Définitions :

  • Support d'écriture végétal dont la fabrication nécessite le passage par l'état de pâte (source : lespapiersdumoulin)
  • le papier est une matière résistante, mince et souple, faite de fibres végétales qui ont été broyées en pulpe et compactées en utilisant de l'eau et des produits chimiques, étalées et drainées sur une forme, et enfin sechées.... (source : maitres-des-arts-graphiques)
Structure macroscopique des fibres d'une feuille de papier.
Une feuille de papier

Le papier (du latin papyrus) est une matière fabriquée à partir de fibres cellulosiques végétales et animales. Il se présente sous forme de feuilles minces et est reconnu comme un matériau de base dans les domaines de l'écriture, du dessin, de l'impression, de l'emballage et de la peinture. Il est aussi utilisé dans la fabrication de composants divers, comme les filtres.

L'histoire du papier remonte à l'Antiquité. Le papier porteur d'un message le plus ancien connu à ce jour date de l'an -8 et nous vient de Chine. Le processus de fabrication du papier n'a pas changé depuis cette époque. Il se fait en deux étapes : la désintégration de la matière première dans l'eau afin d'obtenir des fibres individuelles suspendues et , la formation de feuilles feutrées quand cette suspension est disséminée sur une surface poreuse et adaptée, à travers laquelle l'eau peut s'égoutter[1].

La production de papier, secteur dans lequel le premier pays au monde est les États-Unis, pose un problème environnemental, aggravé par le fait que la consommation de papier continue à croître. Des solutions existent, comme le papier recyclé. Cette solution n'est cependant pas idéale, car, en plus de consommer une quantité d'énergie énorme, la production d'une quantité donnée de papier recyclé nécessite une quantité de papier usagé plus importante d'environ 11 %[2].

Histoire

Nid de guêpe
Papyrus égyptien
Fabrication de papier en Chine (animation)

Antiquité

On peut appeler «papier» tout ce qui est constitué de fibres de celluloses en majorité, par conséquent d'origine végétale, mises en suspension dans de l'eau puis égouttées sur une surface plane. Quel que soit le procédé employé, que ce soit propre ou sale, fin ou grossier, qu'il n'y ait que de la cellulose ou d'autres matières ajoutées (laine, soie…), c'est la mise en suspension dans l'eau des fibres et leur égouttage qui permettent de former le papier.

On utilise fréquemment l'image de la guêpe qui confectionne son nid en régurgitant de la cellulose malaxée, même si l'idée de fabriquer du papier n'a sûrement rien à voir avec cette activité. Avant la naissance du papier, les écrits étaient conservés sur des parchemins ou du papyrus et sur toutes sortes de surfaces (écorces, écailles, feuilles d'arbres, planchettes plus ou moins fines).

Les tapas (feutre végétal fait du liber de certaines écorces battues et assemblées[3]) dont on connaît l'utilisation à travers les représentations sur des parois rocheuses et dans des grottes dans le monde entier, utilisés sous forme de vêtements, de parures, peuvent être reconnus comme les tout premiers ancêtres du papier. Il en est de même du amatl des Aztèques obtenu par battage du liber de ficus employé à l'écriture des codex précolombiens., , , , ,

Le papier porteur d'un message le plus ancien connu à ce jour, découvert par les Chinois et les Grecs, serait daté de -8, sous la dynastie des Han de l'Ouest (-206, 25). C'est un fragment de lettre dont le papier est fait à partir de fibres de lin, sur laquelle une vingtaine de sinogrammes anciens ont été déchiffrés. Il a été trouvé en 2006 à Dunhuang, dans la province du Gansu, et a été daté en fonction d'autres documents écrits trouvés au même lieu de la fouille[4].

D'après une tradition chinoise, on pensait que le papier était apparu au IIIe siècle av. J. -C. en Chine, sous le règne de Qin Shi Huang (fondateur de la dynastie Qin). Une histoire racontait que des personnes auraient alors repéré les dépôts blancs d'écume sur les rochers à la suite des crues et auraient tenté de le reproduire.

D'après une autre tradition chinoise, ce serait Cai Lun, ministre de l'agriculture qui, en 105, aurait codifié pour la première fois l'art de fabriquer du papier et en aurait perfectionné la technique pour le produire en masse.

Du VIIIe siècle au Moyen Âge

Le secret de la fabrication de papiers de qualité restera chinois et japonais jusqu'au VIIIe siècle. Lors de la bataille de Talas en 751, les Arabes, victorieux, firent prisonniers de nombreux Chinois et récupérèrent ainsi le secret. Il est probable qu'ils connaissaient l'usage du papier bien avant cette date et qu'ils l'utilisaient eux-mêmes après l'avoir bien amidonné et poli. Ils comprendront rapidement l'intérêt de ce nouveau support pour propager l'islam, et Samarkand en sera le tout premier centre de production du monde musulman. D'autre part ils en perfectionneront la fabrication en incorporant à sa préparation des chiffons. Le papier arrive alors en Occident avec les conquêtes arabes. On le retrouve à Bagdad en 793, au Caire en 900, à Xàtiva (San Felipe, Espagne) en 1056, en Sicile en 1102, à Fabriano (Italie) en 1276 mais sous une forme totalement différente, et en France au milieu du XIIIe siècle. Aux Archives de Marseille, est conservé le registre de minutes du notaire Giraud Amalric, qui date de 1248 et est écrit sur support papier. Le papier est alors un bien rare et des édits sur le recyclage du papier sont prononcés. On y incorpore alors des vieux chiffons qui prennent vite de la valeur, d'où l'expression se battre comme des chiffonniers.

Renaissance

Comme cela avait été le cas quelques siècles jusque là en Chine, en créant un dispositif d'impression à caractères mobiles vers 1440, Johannes Gutenberg, Johann Fust et Peter Schöffer ont donné naissance à l'imprimerie en Occident, ce qui a permis de vulgariser la connaissance par l'usage des livres. Cela augmente l'utilisation et par conséquent la fabrication du papier. Ce dernier devient alors l'objet du début d'une industrie, avec utilisation de l'énergie hydraulique. À partir du XVIIe siècle, en grande partie à cause de la guerre de Trente Ans, qui modifie les flux commerciaux dans la vallée du Rhin, le Sud-Ouest de la France devient une très grande région papetière dans laquelle les Hollandais investissent massivement. La majorité des moulins sont refabriqués, agrandis. On en crée de nouveaux et , pendant plus d'un demi-siècle, jusqu'aux guerres de fin de règne de Louis XIV, ces régions deviennent l'un des plus grands centres de production de papier occidental. On a prétendu que la révocation de l'Édit de Nantes avait génèré un exode massif et l'arrêt des papeteries, mais ce sont essentiellement les guerres et les difficultés qu'elles ont entraînées dans le commerce maritime entre le Sud-Ouest et la Hollande qui ont diminué les exportations de 70 à 80 %.

En 1673, les Hollandais font une invention capitale pour l'industrie papetière, en mettant au point le cylindre hollandais, qui sert à remplacer la pile à maillets dans la trituration des chiffons, ils réalisent des gains en termes d'énergie, de main d'œuvre et de rapidité ; malheureusement la qualité des pâtes s'en trouve amoindrie. Il faudra attendre le XVIIIe siècle et la révolution industrielle en Angleterre, les progrès des transmissions et de la métallurgie qu'elle entraîne, pour voir ce cylindre se répandre dans toute l'Europe. En fait la pile hollandaise a en particulier permis le développement de la machine à papier qui va naître à la fin du XVIIIe siècle, en servant à fabriquer avec la même quantité d'énergie trois à quatre fois plus de pâte sur un même site.

Révolution industrielle

René-Antoine Ferchault de Réaumur

C'est incontestablement au XIXe siècle que la fabrication du papier s'industrialise avec l'invention de la première machine à papier en continu de Louis Nicolas Robert (1761- 1828) en 1798[1]. L'alimentation en pâte est alors faite en continu et le papier sort en bobine. En moins de vingt-cinq ans, l'ingénieur Bryan Donkin peaufine «sa» machine (pas moins de 40 modèles différents). Vers 1825, les papetiers s'équipent en Europe ainsi qu'aux États-Unis : la machine est copiée, imitée. Vers 1850 apparaît la première machine à fabriquer le carton multicouches. À la même époque, on dénombre plus de 300 machines en Angleterre, près de 250 en France et presque autant en Allemagne. Chacun de ces engins, bien que particulièrement étroit et particulièrement lent comparé aux machines modernes, était capable d'assurer la production de 10 cuves respectant les traditions alimentées à la main. Louis-Nicolas Robert ne tirera aucun bénéfice de son invention.

La première machine à onduler française est installée en 1888 dans le Limousin. La marine à voile, grosse utilisatrice de chanvre (cordages et voiles) est remplacée progressivement par la marine à vapeur. La production de chanvre ralentit et ce dernier devient rare et cher. Des difficultés d'approvisionnement en chiffon se font sentir et l'industrie cherche de nouvelles matières premières. Le bois commence à progressivement remplacer le chanvre.

Anselme Payen

Déjà en 1719 dans un mémoire présenté à l'Académie, René-Antoine Ferchault de Réaumur pressentait l'usage qu'on pouvait faire de la fibre de bois pour fabriquer du papier[5] après avoir étudié de près les nids de guêpe.

Friedrich Gottlob Keller dépose un brevet en 1844 sur la fabrication de pâte de bois, obtenue avec une meule.

La seconde moitié du XIXe siècle est marquée par le recours à la chimie. Les travaux du Français Anselme Payen montrent que dans toute matière végétale existe une substance blanche et fibreuse, la cellulose, et qu'il est envisageable de la récupérer par des réactions chimiques. Ces découvertes permettent d'obtenir des fibres de meilleure qualité et par conséquent d'augmenter les vitesses de production.

En 1937, aux États-Unis d'Amérique, le «Marihuana Tax Act» particulièrement contraignante dans la production du chanvre, poussé par les lobbys de propriétaires forestiers, étant aussi propriétaires de la presse, sonnent le glas du chanvre en papèterie. Il ne sera alors plus utilisé que pour les billets et le papier à cigarette. Les États-Unis deviendront rapidement le premier producteur de papier, surtout forestier et le sont toujours aujourd'hui, beaucoup devant la Chine, le second (80, 8 contre 37, 9 millions de tonnes), participant ainsi à une des premières causes de déforestation de la planète.

L'industrialisation lourde est alors lancée. En 1908, la plus grosse machine a une laize (largeur) de 4, 30 m et roule à 165 m/min. En 1910 la vitesse de 200 m/min est franchie. En 1935, la plus grosse machine fait 8, 15 m de laize et tourne à 425 m/min. Le cap des 1 000 m/min est franchi en 1958. Actuellement[Quand ?], les machines font jusqu'à 10 m de laize et tournent à près de 2 000 m/min.

XXIe siècle

Au début du XXIe siècle, les problèmes écologiques, liés à la déforestation, poussent au retour au-devant de la scène des méthodes de recyclage ainsi qu'au retour progressif de la production de plantes à fibres à pousse rapide et écologique comme le chanvre ou le lin.

Technique

Histoire des procédés

Pile hollandaise

Jusqu'au XIXe siècle, la matière première est exclusivement le chiffon de lin, de chanvre et ultérieurement de coton.

Élaboration de la pâte à papier

Défribreur à chaînes et meule circulaire.

La pâte à papier est le matériau de base. Elle peut être produite à partir de différents composants[6] :

Le tissu est trié, lavé et mis à pourrir pendant plusieurs semaines. Les chiffons sont ensuite découpés et effilochés dans plusieurs moulins pourvus de pile à maillets à clous. La rareté relative du textile a conduit à l'utilisation du bois.

Le bois est écorcé puis défibré (les rondins sont «râpés» avec une meule à laquelle on ajoute énormément d'eau). Les particules sont alors filtrées et nettoyées dans plusieurs bains successifs afin d'obtenir une pâte homogène.

La pâte à papier moderne est le plus souvent un mélange de fibres de bois et de papier auquel est ajouté un liant afin de perfectionner la résistance des feuilles produites.

Procédé naturel : utilisation de la cellulose contenue dans les excréments d'herbivores non ruminants. En 1841, M. Tripot de Paris déposa un brevet pour fabriquer du papier «à partir de la fiente de l'ensemble des animaux herbivores». Cette idée fut reprise par M. Jobard (directeur des Arts et Métiers de Bruxelles). Il estimait que la paille et le foin avaient déjà subi une première trituration sous la dent et dans l'estomac des chevaux. «Le crottin, disait-il, est en grande abondance : on peut obtenir de chaque cheval un kilogramme de papier par 24 heures ; une seule caserne de cavalerie suffirait à la consommation du Ministère de la guerre. Il est surprenant qu'on n'ait pas songé plus tôt à cette matière…»

L'idée fut exploitée légèrement plus tard par une usine, localisée aux Portes de Paris, qui fabriquait du papier et du carton avec le fumier des chevaux des écuries impériales. Certains papiers «bulle» en pâte demi-blanchie qui sortaient de ces ateliers étaient appréciés, paraît-il, pour envelopper la pâtisserie (Albert CIM, Le Livre, tome III).

Depuis 1995, le moulin à papier de Brousses-et-Villaret, dans l'Aude[7], produit du papier avec la cellulose du crottin des éléphants de la réserve africaine de Sigean.

Élaboration de la pâte à papier recyclé

Le papier fabriqué à base de tissus, surtout de chanvre (qui, en Europe, a été l'unique type de papier utilisé jusqu'au milieu du XIXe siècle[8]) était déjà constitué de matières recyclées : vieux linges, cordages, filets de pêche déchiquetés. On nomme d'ailleurs ces papiers, toujours utilisés dans l'estampe par exemple, des papiers «torchon». Le carton, quant à lui, est fabriqué à partir de papier récupéré depuis le XVIIIe siècle : on voit que l'idée du recyclage n'est pas nouvelle dans le domaine papetier.

Le papier recyclé est devenu une obligation pour préserver l'environnement, aussi la valorisation des déchets papiers est-elle de plus en plus importante : en 2008, 6, 9 millions de tonnes de papiers et cartons ont été récupérées en France, sur une consommation apparente de 10, 7 millions de tonnes[9].

La pâte à papier recyclée est élaborée selon un procédé spécifique. Les vieux papiers (issus généralement de journaux, magazines et cartons) sont triturés (déchiquetés) dans un pulpeur avec de l'eau, la pâte ainsi obtenue est épurée (filtrée) puis stockée dans des cuves. Le désencrage reste facultatif, mais il est envisageable de retirer l'encre de la pâte en lui faisant subir plusieurs nettoyages successifs, avec du savon, de l'air, ou alors des dissolvants chimiques (les dissolvants pouvant être particulièrement polluants, ils doivent être utilisés au minimum). Ces opérations de lavage et de traitement nécessitent énormément d'eau (au total 130 l pour fabriquer 500 feuilles de papier recyclé, contre uniquement 51, 1 l pour 500 feuilles produites à partir de bois). Mais le bilan de matières premières et le bilan énergétique sont en faveur du papier recyclé[10].

Le papier recyclé est parfois utilisé pour la majorité des travaux d'impression ; d'ailleurs, les imprimeurs ont désormais l'habitude de travailler avec ces papiers de plus en plus demandés. Des grammages allant du 45 g au 350 g sont ainsi aisément disponibles. La qualité d'impression sur ce type de papier est excellente, y compris pour les photos, et les journaux sont principalement d'origine recyclée.

Il existe aussi des méthodes artisanales pour fabriquer du papier recyclé chez soi.

Production des feuilles

Le papetier au XVIe siècle

Tout d'abord, on a utilisé un cadre de bois recouvert d'un tamis en premier lieu végétal et non fixé (c'est toujours le cas en Orient) puis métallique à partir de 1275 en Italie. Cet ensemble se nomme une forme et permet de puiser la pâte dans une cuve où elle a été diluée selon le grammage du papier à fabriquer. Après égouttage, on peut transférer la feuille sur un feutre. Différentes couches de feutres et de feuilles peuvent être pressées pour retirer l'excédent d'eau, avant un séchage définitif à l'air libre dans un étendoir. En Orient, on continue dans certains lieux à utiliser la forme comme un moule ainsi qu'à faire sécher la feuille sur son moule. On utilise ainsi tout autant de formes que de feuilles fabriquées.

La production s'effectue avec gigantesques machines dépassant fréquemment 100 m de long et jusqu'à 10 m de laize (largeur). La feuille est produite à une vitesse pouvant aller jusqu'à 1 800 m/min.

On peut diviser la fabrication en deux étapes : la préparation de la pâte à papier et la fabrication du papier lui-même.

La pâte à papier arrive particulièrement diluée (environ 1 %) dans la caisse de tête et passe entre deux lèvres afin d'avoir un jet bien uniforme. La solution est déposée sur une «table de formation» (tamis roulant) composée d'une toile et d'organes d'égouttage. L'eau utilisée pour le transport des fibres s'égoutte à travers les mailles de la toile, en premier lieu par simple gravitation. L'égouttage est complété par des racles (foils) dont la forme aérodynamique génère une aspiration avec la vitesse de la toile et/ou la rotation de pontuseaux, rondins positionnés sous la toile pour la soutenir et dont le mouvement rotatif provoque une aspiration. Les fibres retenues par la toile commencent à former un tapis de plus en plus dense, il devient indispensable d'éliminer l'eau par succion avec caisses aspirantes disposées sous la toile après les racles ou pontuseaux.

Un cylindre égoutteur est peut-être localisé en travers de la toile entre deux caisses aspirantes et peut être revêtu d'une fine toile métallique et d'un motif soudé sur ce fond. Le motif marque la feuille toujours humide et sera ainsi visible par transparence quand la feuille sera sèche. C'est ainsi qu'on obtient filigranes, vergeures, grains fantaisie. L'eau d'égouttage qui contient des fibres non retenues par la toile est recyclée.

Les sécheurs sont des cylindres creux positionnés les uns à la suite des autres.

La feuille ainsi constituée à la fin de la table passe par une section de presses (deux cylindres exerçant une pression sur la feuille) pour évacuer le maximum d'eau avant son séchage. À la sortie des presses, la feuille a perdu de son épaisseur et sa teneur en eau n'est plus que d'environ 60 %.

La feuille qui sort des presses est suffisamment solide pour quitter le support de feutre et entrer directement en contact avec les sécheurs : de gros cylindres chauffants dont la température augmente progressivement, jusqu'à atteindre 120 °C, ce qui entraîne l'évaporation de l'eau restante dans la feuille. De cylindre en cylindre la température redescend progressivement.

En fin de fabrication, le papier a une teneur en eau comprise entre 5 et 10 %.

Traitements complémentaires

On peut alors ajouter des traitements de surface pour perfectionner son imprimabilité en faisant passer la feuille dans une size-press (papier photo par exemple).

La presse encolleuse est utilisée pour le traitement complémentaire du papier.

La size-press nommée «presse encolleuse» est positionnée avant les derniers sécheurs. Il s'agit de deux rouleaux disposés côte à côte horizontalement qui forment une cuvette qu'on alimente avec la sauce voulue. Le papier passant entre les deux rouleaux est enduit de sauce colorée pour teinter le papier par exemple.

Certains papiers reçoivent un collage de surface dans l'objectif d'assurer la cohésion extérieure de la feuille, pour maintenir les fibres de surface susceptibles de se relever inopinément. Ces morceaux de fibres qui adhèrent mal peuvent encrasser les caractères des machines à écrire, accrocher la plume lors de l'écriture manuelle ou provoquer des imperfections dans les aplats imprimés.

C'est ainsi que certains papiers sont colorés en surface, ou que le papier couché reçoit une première préparation.

La feuille une fois séchée peut subir le calandrage qui consiste à presser de nouveau la feuille entre plusieurs lourds rouleaux pour rendre le papier bien lisse. On parle alors de papier glacé ou calandré.

Afin d'en perfectionner l'imprimabilité, on peut déposer à la surface du papier sur une seule face (papier étiquettes) ou sur les 2 faces (papier pour impression) une couche pigmentaire, on parle alors de papier «couché». Ces couches pigmentaires sont essentiellement constituées de charges minérales (carbonates et kaolins essentiellement) mais aussi de latex synthétiques (styrènes butadiènes ou styrènes acryliques) et sont déposées au moyen de machines nommées «coucheuses». Elles ont pour objectif de régler l'absorption des encres pour conserver leurs pigments en surface. En sortie de la coucheuse le papier est d'aspect «mat» ou «semi mat» mais, après une opération de calandrage il peut être rendu «brillant».

On obtient alors une bobine qui est tronçonnée à la taille voulue à la bobineuse. Les bobines de papier peuvent être utilisées telles quelles (impression sur presse rotative) ou reconditionnées sous forme de feuilles de formats divers.

Typologie

On qualifie de «papier» les matériaux constitués de fibres végétales dont le grammage est inférieur à 224 g/m2.

Mesures de quantité de feuilles

Ces unités découlent de la visite manuelle des feuilles de papier dans les anciennes salles de triage. Les ouvrières comptaient les feuilles de papier et les tenaient sur la main à raison de 5 par doigt.

Mesures de qualité du papier

Grammages selon l'utilisation

Un empilement de feuilles de papier

Utilisations

Impacts socio-environnementaux

La filière papier a une empreinte écologique importante, parce que consommant une grande quantité de bois et d'eau et générant énormément de transports, quoique les industries aient fait de grands progrès en matière de recyclage de l'eau, et de la fibre de cellulose et d'économies d'énergie.
La demande en fibre est source de pressions (fréquemment délocalisées) sur les forêts, et la récolte mécanisée ou les plantations industrielles de pins, eucalyptus ou peupliers contribuent à l'appauvrissement de la biodiversité.
La consommation de papier est facile à mesurer. Elle est par conséquent devenue l'un des axes de reporting environnemental des collectivités et grandes entreprises. En 2010, les politiques papier de 50 grandes entreprises françaises ont été analysées, avec la proportion de papier responsable qu'elles utilisent et les actions de maximisation du recyclage par une étude concernant 50 grandes entreprises dont celles du CAC 40 (18 n'ont pas souhaité répondre). Quelques unes ont été classées "vertueuses", mais énormément peuvent fortement progresser. L'étude rappelle qu'un français en moyenne consomme 3 fois plus de papier et carton que dans le monde, et que 78% des papiers graphiques consommés en France sont issus de l'importation [11]. Pour mieux juger leur niveau de performance environnementale, les entreprises peuvent s'appuyer sur des bases de données nationales [12] [13] [14] ou mondiales (FAO, FAOSTAT).
La consommation de papier est un des axes de la politique RSE  (responsabilité sociale ou sociétale des entreprises)

Le papier comme support d'écriture

Papier millimétré

Le papier est en premier lieu le support de l'écriture, ce pourquoi il fut certainement pour la première fois utilisé, il y a à peu près 2 000 ans. On le retrouve par conséquent en bureautique et en imprimerie et de plus en plus comme support d'images publicitaires.

Il est parfois utilisé en sciences, comme support de graphiques particulièrement précis, dans le cas du papier millimétré. Ce type de papier a des carreaux d'uniquement mm2.

Les journaux publiés à grande échelle sont composés de papier journal, un type de papier moins cher et plus léger que les papiers classiques. À l'inverse, le papier glacé, qui est parfois utilisé en photographie, présente une qualité et un poids nettement supérieurs.

Le papier calque est un type de papier semi-transparent conçu pour reproduire un dessin sur du papier respectant les traditions. Le papier carbone le permet aussi, quoiqu'il soit aussi utilisé en décoration et en art postal.

L'art du papier

Article détaillé : Origami.

Venant de Chine et particulièrement populaire au Japon, l'origami est l'art du pliage du papier. L'origami utilise une feuille, généralement de forme carrée (mais ce n'est pas forcément le cas), qu'on ne découpe pas habituellement. Les modèles d'origami commençant fréquemment par une même succession de plis, il arrive souvent qu'il faille partir d'une base. Il faut ensuite suivre un diagramme, schéma détaillant par une succession de figures chacun des plis à exécuter pour parvenir au modèle final. L'origami peut prendre des formes aussi simples qu'un chapeau ou qu'un avion en papier, ou aussi complexes que la tour Eiffel, une gazelle ou un rhinocéros[15], qui demandent plus d'une heure et demie de travail.

Il existe d'autres arts exploitant le papier, comme le kirigami, qui est l'art du coupage du papier. Le papier-découpé chinois est une forme d'art qui existe depuis l'invention du papier en Chine, il y a à peu près 2 000 ans. Les motifs en sont des animaux, des fleurs, ou d'autres formes découpées aux ciseaux ou avec un couteau. Les papiers-découpés chinois servant principalement à l'ornementation des portes ou des fenêtres, ils sont aussi nommés fleurs de fenêtres ou silhouettes découpées.

Le papier (ou le carton) découpé, plié et collé est aussi utilisé comme matériau dans la réalisation de modèles en papier en volume.

Utilisations décoratives et festives

Le papier est particulièrement présent dans les domaines de la décoration et de la fête. Le papier peint est utilisé pour couvrir et décorer les murs intérieurs d'une habitation ou d'un bâtiment, tandis que certains objets décoratifs sont complètement en papier, comme les lampions. On peut aussi citer le papier marbré.

Le papier est peu cher, et c'est probablement ce qui en a fait un matériau particulièrement présent dans les fêtes. Les exemples les plus communs sont évidemment le serpentin, petite et fine bobine de papier, le plus souvent de couleur, qu'on utilise au cours des fêtes et les confetti, qui sont des petits ronds de papier qu'on lance lors de certaines fêtes, célébrations ou évènements artistiques.

Autres utilisations

Il peut servir d'emballage (papier kraft, papier cadeau, bolduc…) mais dans une moindre mesure à cause de sa faible solidité. Le papier est aussi utilisé en architecture japonaise, pour fabriquer les panneaux des habitations respectant les traditions japonaises et coréennes : les Shōji[16].

On retrouve aussi le papier de façon moins évidente dans le mobilier domestique (éléments de cuisine (Formica (marque déposée) ), meubles en kit, plans de travail, tables de ping-pong... ) ou les sols stratifiés mais également dans le mobilier urbain (panneaux décoratifs).

Économie

Production mondiale

Les plus grands producteurs de papier et de carton
Rang Pays Production
(en Mt)
Les principaux pays producteurs de papier
Rang Pays Production
(en Mt)
1 États-Unis 80, 8 11 Brésil 7, 8
2 Chine 37, 9 12 Indonésie 7
3 Japon 30, 5 13 Royaume-Uni 6, 5
4 Canada 20, 1 14 Russie 6, 3
5 Allemagne 19, 3 15 Espagne 5, 4
6 Finlande 13, 1 16 Autriche 4, 6
7 Suède 11, 1 17 Inde 4, 1
8 Corée du Sud 10, 1 18 Mexique 4, 1
9 France 9, 9 19 Thaïlande 3, 4
10 Italie 9, 4 20 Pays-Bas 3, 3
Source : Handelsblatt - Die Welt in Zahlen (2005)

Villes de production

  • Drapeau : France France :
    • Annonay
    • Arches : production de papier aquarelle, papier support abrasif et papier décor pour stratifiés décoratifs. Usine en activité (Arjowiggins)
    • Arcachon
    • Boissy-le-Châtel, production de papiers. Usine démantelée.
    • Grand-Couronne, production de papiers, à base de pâte 100% recyclée. Usine en activité.
    • Jouy-sur-Morin, production de papier monnaie et document de sécurité. Usine en activité.
    • Nersac. Production de pâte à papier. Activité arrêtée.
    • Golbey, production de papier journal. Usine en activité.

Entreprises papetières

Avenir du papier

De nouveaux supports de lecture font leurs débuts. Parmi eux, on peut citer les documents électroniques, et le «papier numérique», basé sur l'invention de l'encre électronique. Il n'est absolument pas évident que le papier soit amené à disparaître, malgré la naissance de nouveaux supports d'écriture et de lecture. La «dématérialisation» ne supprime pas l'usage du papier.

Le papier comme support d'information

Un support qui reste important

Pile de papier

Avant la phase d'informatisation massive de l'économie, le papier était quasiment l'unique support d'information. L'un des avantages escomptés par les projets d'informatisation était le passage au «zéro papier». Il aurait ainsi été envisageable d'économiser un part importante du coût du papier, et de générer de cette façon des bénéfices sur le plan environnemental.

Des études[17] montrent que la «dématérialisation» (terme peu approprié pour désigner le passage d'un support d'information papier à un support électronique) ne supprime pas en fait la consommation de papier.

Le papier continue d'être employé comme support d'information (impressions pour un usage personnel, photocopies pour les réunions…). D'ailleurs, la consommation globale de papier a continué à croître malgré l'informatisation[citation nécessaire].

Le mythe du zéro papier

On s'accorde le plus souvent actuellement à penser que le passage au zéro papier est un mythe[18]. On continue néanmoins à penser que la «dématérialisation» permettrait d'atteindre aisément des objectifs de développement durable. Le bilan environnemental de la dématérialisation n'est par conséquent pas si simple à établir.

Milieu naturel

La fabrication du papier nécessite de grandes quantités d'eau : il faut de l'eau pour extraire la cellulose des fibres du bois et de l'énergie pour sécher le papier. Les usines de pâtes produisent de l'énergie en brûlant les liqueurs de cuisson et sont auto-suffisantes en énergie. Le chlore n'est plus utilisé en Europe mais est toujours utilisé dans certains pays pour délignifier le papier peut former des composés polluants s'il est présent en grande quantité en présence des noyaux phénoliques de la lignine. Les phénols chlorés ne sont cependant toxiques que quand plusieurs atomes de chlore sont présents. Des progrès importants ont été réalisés en utilisant des produits de blanchiment moins polluants que le chlore (peroxyde d'hydrogène, dioxyde de chlore, dioxygène, ozone) et en perfectionnant le «bouclage» des circuits pour diminuer de façon importante la consommation d'eau.

L'industrie papetière est soumise au respect de normes environnementales strictes, comme l'exploitation raisonnée des forêts, le recyclage des eaux usées, etc. Les arbres proviennent de plantations dont la biodiversité est faible : bouleaux dans les pays nordiques, pins maritimes pour la forêt landaise ou eucalyptus en Amérique latine par exemple.

La production de papier représente 40 % de l'exploitation forestière. Les industries papetières sont le plus souvent propriétaires des forêts qu'elles exploitent de manière cyclique. Ainsi, au Brésil, il est envisageable de couper des eucalyptus de culture l'ensemble des quatre ans et cela suffit à une usine qui produit tout autant de papier que la France. La déforestation est le plus fréquemment due à la coupe de bois exotiques pour l'ameublement ainsi qu'à l'expansion des cultures. En effet, le bois utilisé par l'industrie papetière provient plutôt des sciures de bois (déchets de scierie) ou de jeunes arbres qu'il faut couper pour laisser s'épanouir les autres et qu'on nomme «bois d'éclaircie». Ces éclaircies peuvent être celles de forêts gérées non durablement, ou alors être, dans certains pays comme le Brésil, tout bonnement illégales.

Article détaillé : Gestion durable des forêts.

La fabrication de papier recyclé nécessite moins d'eau et d'énergie que la fabrication classique de pâte à papier, mais une certaine quantité de produits chimiques qui ne sont pas sans impact environnemental : il faut le plus souvent nettoyer et désencrer le papier récupéré avec des solutions savonneuses, et le reblanchir au dioxyde de chlore, au peroxyde d'hydrogène et/ou au dioxygène. Rappelons que le blanchiment est aussi indispensable pour fabriquer du papier blanc à partir de fibres vierges. Pour éviter cette pollution supplémentaire, recyclé ou non, on préférera par conséquent du papier «moins blanc que blanc». En tout état de cause, la fabrication de papier recyclé est fréquemment moins nuisible pour l'environnement (selon le type de papier) que celle de papier non recyclé[19]. Une étude de l'Ademe[20] confirme ce net avantage du papier graphique recyclé.

Il faut de 3 à 12 mois pour qu'un journal se décompose dans la nature. Le recyclage du papier permet d'éviter de l'envoyer à la décharge ou de l'incinérer. Le papier peut être recyclé en moyenne jusqu'à cinq fois sans que la qualité de la fibre en soit altérée. Quant au papier carton (briques alimentaires, etc. ), il peut être recyclé une dizaine de fois et être transformé en meubles, en cartons ou en papier hygiénique.

Une tonne de papier récupéré ne sert à produire que 900 kg de papier recyclé ; soit une perte d'environ 10 % à chaque recyclage[2].

Le papier dans la culture

Symboles et expressions

Allusions

Musées consacrés aux métiers du papier

En France

Au Canada

En Belgique

En Suisse

Notes et références

  1. Papier sur Encarta. Consulté le 31 mai 2009
  2. Quelques questions sur le papier recyclé - Le papier recyclé n'est pas écologique !, FAQ sur le site de Greenpeace.
  3. voir Anati, L'Art des tapa, éditions l'Insolite, 2005.
  4. (en) New Evidence suggests longer paper making history in China, www. chinaview. cn, publié le 8 août 2006.
  5. , Dictionnaire raisonné universel d'histoire naturelle, Jacques Christophe Valmont de Bomare, 1791
  6. http ://cerig. efpg. inpg. fr/icg/dossiers/papier/chap1-mat-1eres. html#bois
  7. (fr) Site du moulin à papier de Brousse
  8. Le chanvre dans l'industrie papetière mémoire de l'inpg. fr
  9. L'industrie papetière en 2008 Rapport de développement durable COPACEL
  10. Initiative pro Papierrecycling, Klimaschutzbeginnt beim Papier; www. initiative-papier. de
  11. Etude 2010, PAP50 : l'évaluation de la politique papier des grandes entreprises françaises
  12. Analyses des données du rapport ADEME " Filières et recyclage" 2008, "synthèse - papiers graphiques. collection repères. Ademe 2007".
  13. Copacel (2009). Rapport développement durable
  14. Ipsos Lexmark (2010). The social research and corporate reputation specialists. The state of printing.
  15. Origamania - Plier, publié le 12 janvier 2001.
  16. (en) Shouji, Japanese Architecture and Art Net Users System, 2001.
  17. Sortie du Livre blanc : «Papier et dématérialisation, une dualité au service de l'initiative environnementale» [pdf]
  18. Philippe Leroy (eCopy)  : «L'objectif zéro papier dans les entreprises est un mythe», publié le 31 juillet 2008.
  19. Papier recyclé à Genève [pdf]
  20. Étude de l'Ademe [pdf]
  21. 37 ans de mariage : Noces de papier
  22. DUTRONC BIRKIN GAINSBOURG LES PETITS PAPIERS CLIP MUZIK F HQ, mis en ligne le 23 mars 2009.
  23. Fahrenheit 451, Homme Livre Homme Libre, Lacritique. org, publié le 22 avril 2009.
  24. (en) Jens Borch, Handbook of Physical Testing of Paper , page 406 :
    «Typical Results The ignition temperature of paper is about 450°C, but it is somewhat dependent upon the paper quality.»
  25. Site Canson. fr, nécessite l'extension Flash.
  26. http ://www. moulindugot. com/
  27. Christian Faure, Le Projet culturel de Vichy, Folklore et Révolution nationale 1940-1944, Coédition Presses Universitaires de Lyon - Éditions du CNRS, 1989, 336 p.   : http ://presses. univ-lyon2. fr/index. php?q=node/67&type=contributor&id_contributor=169 [archive]
  28. Site du Musée historique du papier, Moulin Richard de Bas, Ambert d'Auvergne
  29. Site du musée du Papier Peint
  30. Site du moulin à papier de Brousses
  31. Site du moulin à papier de Pen Mur
  32. C. E. I. P. P. Centre d'exposition sur l'industrie des pâtes et papiers
  33. Atelier du Papier, sur le site officiel de la ville de Malmedy.
  34. (de) (fr) (en) Basler Papiermühle, Schweizerisches Museum für Papier, Schrift und Druck

Voir aussi

Liens externes

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