Presse typographique

La presse typographique est un système conçu pour imprimer des textes et des illustrations sur du papier, en exerçant une forte pression sur la feuille de papier positionnée sur une forme imprimante, ensemble de caractères en relief ou gravure sur bois,...


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  • Elle appartient au dispositif plan contre cylindre : la forme (cadre... Le rouleau de papier est fixé sur un module mobile, actionné par un dispositif de ... Historique : Cette machine à imprimer par typographie est une presse à épreuve... (source : patrimoine-de-france)
L'atelier de Joost Amman en 1568

La presse typographique est un système conçu pour imprimer des textes et des illustrations sur du papier, en exerçant une forte pression sur la feuille de papier positionnée sur une forme imprimante, ensemble de caractères en relief ou gravure sur bois, préalablement encrés, de façon à ce que l'encre se dépose sur le papier. L'opération répétée permet d'obtenir la plupart d'exemplaires semblables. C'est la mise au point de la presse, conjointement à l'emploi des caractères mobiles en plomb et de l'encre grasse spécifique, qui forme l'invention majeure de Gutenberg, celle de l'imprimerie en Occident. Il est certain que les Chinois, à des époques antérieures, ont utilisé les caractères en relief, mais ils n'ont pas réalisé la synthèse qui caractérise l'œuvre de Gutenberg.

La presse typographique a constitué la base de l'imprimerie pendant plusieurs siècles, jusqu'à ce qu'elle soit supplantée par la presse offset.

Presse à bras

Presse à bras de 1811, quasiment inchangée depuis Gutenberg

On ne sait pas avec précision à quoi ressemblait la première presse utilisée par Gutenberg. Probablement s'inspirait-elle beaucoup à la fois du pressoir des vignerons et des diverses presses utilisées par d'autres professions : un montant horizontal transversal, portant sur deux montants verticaux, une vis centrale en bois actionnée par un levier et une platine exerçant la pression. On peut supposer que des caractéristiques spécifiques ont été rapidement apportées, comme un chariot coulissant portant la forme, ce qui évitait d'avoir à relever trop haut la platine pour encrer et marger (placer la feuille de papier). Initialement en bois, il fut fabriqué en pierre calcaire, d'où son nom de marbre qui est resté. On ajouta l'encrier, où l'ouvrier déposait l'encre qu'il appliquait sur le forme inprimante au moyen de deux balles en cuir rembourrées de crin et pourvues de poignées en bois. Selon la tradition, les balles étaient en peau de chien, donnant un cuir particulièrement fin et dépourvu de pores. L'encre est aussi un élément majeur de l'invention de la typographie : il a fallu trouver une encre pouvant adhérer au métal et se reporter sur le papier sans couler ni baver.

Les premières représentations de presses typographiques montrent par conséquent des machines robustes en bois, solidement étançonnées aux poutres du plafond de l'atelier pour éviter la torsion due à l'effort appliqué sur le levier. La vis sera le premier élément en métal. Le marbre s'équipe d'un volet mobile, le tympan, sur lequel on fixe la feuille de papier, qui se rabat par des charnières sur la forme, et qu'on garnit d'un blanchet, de tissu, de cuir ou de papier qui s'interpose entre la platine et la feuille à imprimer pour répartir et atténuer la dureté du foulage (déformation en creux du papier). Plus tard, vers 1572, on ajoute un second volet, la frisquette, cadre qui permet de maintenir la feuille sur le tympan et qui, garni d'un fort papier découpé dans les parties qui recevront l'impression, protège les marges des maculages d'encre toujours envisageables.

Jusqu'au début du XIXe siècle, la pression exercée par la platine, au-delà d'une certaine dimension, n'est pas suffisante pour réaliser une impression correcte : il faut procéder en deux fois, en exerçant la pression sur une moitié de la totalité forme-feuille de papier, puis en déplaçant le chariot portant la forme pour procéder au second coup sur l'autre moitié : on parle de presse à deux coups. Pendant très longtemps, la presse restera stable dans son principe, ne recevant que de petites modifications pratiques mineures.

Presse hollandaise

En 1620, l'imprimeur hollandais Willem Janszoon Blæu, d'Amsterdam, adapte un contrepoids au barreau de pression, qui sert à relever automatiquement la platine (au lieu d'avoir à «dévisser», opération longue et fastidieuse). La presse hollandaise connaît un grand succès.

L'étape suivante, au XVIIIe siècle, est de supprimer l'encombrant étançonnage des presses dans l'atelier. Pour cela, on alourdit énormément le bâti de la presse en le montant sur un massif de pierre. En 1787, l'imprimeur bâlois Guillaume Haas construit une presse dont il parvient à diminuer les dimensions tout en lui donnant la plus grande stabilité.

La fin du XVIIIe siècle voit la naissance des «mécaniciens» qui vont s'efforcer de perfectionner la qualité et le rendement de la presse. En France un conflit oppose deux inventeurs, l'imprimeur Firmin Didot et Anisson fils, directeur de l'Imprimerie royale, à propos de la mise au point d'une presse à un coup[1]. Pierres, de son côté, produit une presse particulièrement mécanisée.

En Allemagne, de petites presses à bras, nommées Kniehebelpresse, utilisent un principe de «genou» articulé actionné par un levier pour démultiplier la pression, procédé découvert par Diedrich Uhlhorn en 1817. La Presse Uhlhorn était conçue pour frapper des monnaies et des médailles, mais elle rencontra des applications en imprimerie.

Presse Stanhope

Enfin, en 1795, l'Anglais Lord Stanhope met au point la presse qui représente l'ultime évolution : synthèse des améliorations précédentes, elle repose sur un socle cruciforme en bois, mais c'est la première presse complètement métallique. La platine exerce une pression forte et régulière, elle se relève automatiquement grâce à un contrepoids. C'est une presse à un coup. La Stanhope reste en usage pendant tout le siècle suivant, et était toujours utilisée au XXe siècle comme presse à épreuves.

Presse mécanique à cylindres

Friedrich Kœnig, né à Eisleben le 17 avril 1774, est , croit-on, horloger, mais il devient imprimeur pour mettre au point son invention : une presse qui exécuterait mécaniquement l'ensemble des opérations effectuées jusque-là manuellement : encrage, marge de la feuille, impression, éjection de la feuille. Il ne trouve pas les capitaux sur le continent européen, et c'est en Angleterre qu'il trouve les fonds auprès du journal The Times. Associé à son élève F. -A. Bauer, il ouvre en 1809 son atelier de construction à Londres.

La presse de Kœnig n'a plus de platine respectant les traditions, mais des cylindres. Le cylindre, en «roulant» sur l'ensembre forme-papier, exerce une pression plus forte que la platine, qui exerce sa pression sur la totalité de la surface. La feuille, guidée par des courroies, effectue un trajet entre les cylindres et se trouve imprimée par la forme, qui effectue un mouvement de va-et-vient en passant sous le cylindre, dont l'axe est fixe.

En 1814, la presse réalisée par Kœnig pour le Times est la première actionnée à la vapeur. Elle ouvre l'imprimerie à l'ère industrielle. Par la suite, les presses à cylindre sont actionnées par des moteurs électriques.

Kœnig et Bauer quittent Londres en 1817 pour revenir en Allemagne : ils s'installent à Oberzell, en Bavière[2].

Les premières presses à cylindres sont dites machines en blanc, car elles n'impriment qu'un côté de la feuille. Par la suite, les presses permettent d'imprimer successivement les deux côtés, ce sont les presses à retiration.

De nombreux fabricants proposent leurs propres modèles tout au long du XIXe siècle et de la première moitié du XXe. La majorité des impressions des ouvrages et journaux sont alors réalisées sur des machines à cylindres.

Presse rotative

Presse rotative
Presse rotative de Marinoni, 1883
Article détaillé : Rotative.

Malgré leur succès et leur efficacité, les presses à cylindres présentent un défaut : la forme typographique plane en plomb, en particulier dans les grands formats, représente une masse énorme qui est animée d'un mouvement de va-et-vient, d'où relative lenteur, vibrations et pertes d'énergie. Les machines, obligatoirement lourdes, doivent reposer sur des massifs de maçonnerie.

L'invention de la rotative est attribuée en 1847 à l'américain Richard M. Hœ. Elle a cependant connu de multiples précurseurs : Cowper en imagine le principe en 1816, Worms et Justin, en 1838, utilisent le cliché stéréotypique cintré, base du procédé. On peut aussi dire que les presses à imprimer le papier peint, au moyen de rouleaux de bois gravés, étaient des rotatives avant la lettre.

La rotative de Hœ utilise toujours du papier en feuilles, et c'est William Bullock qui imagine de remplacer les feuilles par des bobines de papier, ce qui permet d'augmenter toujours la vitesse d'impression. La rotative de Hœ est employée en 1871 par The New York Tribune. Elle imprime les deux côtés du papier en un seul passage et produit 18000 journaux à l'heure. En 1866-1867, le constructeur Hippolyte Marinoni propose une presse rotative qui sera employée pour la première fois par Le Petit Journal.

La rotative est une presse à cylindre, à cette différence que la forme imprimante n'est plus à plat, mais adaptée à un cylindre rotatif. À partir d'une composition respectant les traditions, on réalise un flan, sorte de moule à partir duquel on coule du plomb, on a par conséquent une composition de la page entière en un seul bloc, qui peut être cintré pour s'adapter à un cylindre. Le mouvement alternatif de la lourde forme est alors remplacé par un mouvement rotatif (d'où le nom de la rotative) continu, fluide et rapide, l'impression étant réalisée sur une bobine de papier continu (coupé en sortie de presse). L'ensemble des journaux à grands tirages adopteront la rotative.

Presse à platine

Presse à platine à main. Le levier actionne le mouvement du rouleau encreur, qui va prendre l'encre étalée sur le disque, en haut, passe sur la forme imprimante verticale, puis la platine portant la feuille de papier, à l'avant, vient s'appliquer sur la forme.

Parallèlement au développement des presses mécaniques à cylindres, on voit fleurir de nombreuses petites presses à platine actionnées par une pédale, ou un levier, puis par un moteur électrique, qui servent principalement aux travaux de ville de petit format : cartes de visite, invitations, faire-part, prospectus.

Le promoteur de ce genre de machine est l'américain Geo P. Gordon. Apparaissent après les Gordon, les Liberty, puis en 1878 le dispositif Gally, caractérisé par un encrage à rouleaux particulièrement efficace, qui sera repris par la majorité des constructeurs européens avec une quantités de modèles, dont la Victoria. Aux États-Unis, l'un des constructeurs les plus populaires fut la firme Chandler and Price, ou C & P, fondée en 1881.

La forme est positionnée verticalement, elle est surmontée par un plateau encreur circulaire : un ou plusieurs rouleaux encreurs passent sur ce plateau où on a mis l'encre, puis sur la forme, et la platine portant la feuille de papier vient presser sur la forme, selon des modalités qui fluctuent selon les machines, mais en règle générale comme les deux parties d'un ouvrage ouvert qui se referme. Pour des formats moyens, la pression exercée est suffisante. Au départ, l'ouvrier se limite à marger manuellement, puis les presses à platine s'automatisent de plus en plus. Sur ce principe de base, énormément de machines présentant diverses variantes ont été créées. Ces machines, en usage tant qu'a duré l'impression typographique, sont toujours fréquemment visibles, même si elles ne servent plus que rarement.

Notes et références

  1. Marius Audin, Somme typographique, vol. 2, p 90
  2. Kœnig & Bauer : [1]

Annexes

Liens externes

Bibliographie

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 11/12/2010.
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